Fatigue

Évidence révisées en date du 28-08-2019
Auteur(s)* : Tatiana Ogourtsova, PhD OT ; Annabel McDermott, OT
Version française en traduction libre : Gabriel Plumier
Cohérence du contenu et de la traduction : Gabriel Plumier
Information aux patients/familles Table des matières

Introduction

La fatigue est une expérience multidimensionnelle, motrice et perceptive, cognitive et émotionnelle. Elle est décrite comme  » un sentiment d’épuisement précoce avec lassitude, manque d’énergie, et aversion à l’effort qui se développent pendant l’activité physique ou mentale et qui ne sont généralement pas atténués par le repos  » (Staub & Bogousslavsky, 2001). Il est possible de distinguer trois types de fatigue suite à un AVC :

1) La fatigue physique (c.-à-d. l’incapacité d’exécuter des activités de différentes durées et de différentes intensités physiques) ;
2) La fatigue cognitive (c.-à-d. l’incapacité d’effectuer des activités au niveau de la concentration, des multitâches et/ou des facteurs de stress avec une charge cognitive, de différentes durées et de différentes intensités) ; et
3) La fatigue émotionnelle (c.-à-d. se fatiguer face à des interactions ou des relations exigeantes – Terrill, Schwartz et Belagaje, 2018).

La fatigue post-AVC est une conséquence fréquente de l’AVC, touchant plus de 50 % des survivants (Cumming et al. 2016). La prévalence de cette fatigue ne peut être expliquée par le type d’AVC, le côté ou l’emplacement de la lésion. La prévalence n’est pas non plus associée à la gravité de l’AVC, ce qui signifie qu’elle est la même dans les cas d’AVC légers que dans les cas d’AVC sévères (Acciarresi et al., 2014). La fatigue est associée à des symptômes dépressifs, mais peut être présente sans dépression. Son association avec des déficits cognitifs et le genre de la personne reste incertaine. Cependant, des niveaux plus élevés de fatigue seraient associés au genre féminin, à la dépression, à une période plus longue suite à l’AVC, et à un handicap plus important (Cumming et al., 2018).

Un documentaire (d’une durée de 40 minutes) présentant l’impact de la fatigue sur la vie quotidienne de cinq personnes et les stratégies qu’elles utilisent pour composer efficacement avec la fatigue a été produit en mars 2019. Le documentaire peut être visionné en cliquant  ici.

Information aux patients/familles

Auteurs : Tatiana Ogourtsova, PhD OT ; Annabel McDermott, OT
Version française en traduction libre et cohérence du contenu : Gabriel Plumier

Depuis mon AVC, je me sens fatigué. Suis-je normal ?

La fatigue est fréquente chez les patients ayant subi un AVC. Environ 50 % des survivants d’un AVC éprouveront de la fatigue suite à leur AVC, peu importe la gravité de l’AVC.

Qu’est-ce que la fatigue post-AVC ?

La fatigue est un sentiment d’épuisement précoce, de manque d’énergie et d’aversion à l’effort. La fatigue survient pendant ou après une activité physiquement exigeante, mentalement exigeante (c-à-d nécessitant de l’attention et de la concentration), ou émotionnellement exigeante (p. ex. conflit avec une autre personne). La principale différence avec la fatigue habituelle est que la fatigue post-AVC ne s’améliore généralement pas aussi rapidement avec le repos.

Existe-t-il différents types de fatigue ?

Généralement, il est possible de distinguer trois types de fatigue post-AVC : 1) physique, 2) mentale ou cognitive, et 3) émotionnelle.

La fatigue physique se produit lorsqu’une personne est exceptionnellement fatiguée après une activité physique ou qu’elle est incapable d’exécuter une activité physique qui exige plus d’effort ou de force (p. ex. marcher, monter les escaliers) ou pendant une longue période de temps.

La fatigue mentale ou cognitive se produit lorsqu’une personne est exceptionnellement fatiguée après ou incapable d’exécuter une activité qui exige de l’attention, de la concentration, ou une multitâche (p. ex. lire, suivre un film).

La fatigue émotionnelle se produit lorsqu’une personne est exceptionnellement fatiguée après des interactions difficiles ou des conflits avec ses proches (p. ex. conflit conjugal, mal à l’aise avec quelqu’un, difficulté à gérer ses émotions).

À quel moment apparaît la fatigue suite à un AVC ?

La fatigue après un AVC peut apparaître à différents moments. Certaines personnes ressentent de la fatigue peu de temps après l’AVC. D’autres ressentent de la fatigue beaucoup plus tard après l’AVC, même un an après l’AVC.

La fatigue est-elle causée par mon AVC ?

Il est possible que la fatigue que vous ressentez soit un effet de votre AVC. Voici une explication possible :

Blessure au cerveau

La question de savoir si le site de la lésion (localisation de l’AVC) est lié aux symptômes de fatigue fait l’objet de débats. Certaines recherches démontrent que les personnes ayant subi un AVC dans des parties spécifiques du cerveau (noyaux gris centraux, capsule interne, tronc cérébral, thalamus) sont plus susceptibles de ressentir de la fatigue suite à leur AVC. Selon d’autres recherches, c’est le nombre d’AVC qui compte, la fatigue étant plus fréquente chez les personnes qui ont subi plusieurs AVC que chez celles qui en ont subi un pour la première fois.

Comment savoir si j’ai de la fatigue post-AVC ?
Quels sont les signes courants de fatigue suite à un AVC ?

Les personnes qui ont de la fatigue post-AVC ont des traits en commun, par exemple :

  • Niveau d’énergie faible
  • Se sentir fatigué peu de temps après avoir commencé une activité physique (p. ex., marcher, faire de l’exercice), une activité exigeante sur le plan cognitif (p. ex., lire, participer à un événement social), ou une activité exigeante sur le plan émotionnel (p. ex., avoir des conflits avec une autre personne).
  • Sentiment de perte de maîtrise de soi
  • Sentiment d’instabilité émotionnelle
  • Sensation de fatigue qui s’accentue lors de l’exercice physique, lors d’activités nécessitant de la concentration et/ou du stress.

Est-il facile de détecter la fatigue suite à un AVC ?

Il est souvent facile de déceler la fatigue chez une personne qui a subi un AVC. Cependant, il peut être difficile d’identifier le type de fatigue que vous ressentez et ce qui vous fatigue. Votre thérapeute en réadaptation vous posera souvent des questions sur votre niveau de fatigue. Cependant, il arrive parfois que les personnes ayant subi un AVC aient de la difficulté à parler ou à comprendre les mots, ce qui rend plus difficile l’échange d’information sur les symptômes de fatigue.

Comment établit-on le diagnostic de fatigue suite à un AVC ?

Votre thérapeute peut vous poser une série de questions ou vous demander, à vous ou à votre proche aidant, de remplir un questionnaire. Cela aidera à identifier la présence de fatigue.

Existe-t-il différents types de thérapies contre la fatigue ?

Il existe de nombreuses thérapies différentes pour traiter la fatigue suite à un AVC. Ce module comprend les interventions suivantes :

  • Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) : un programme qui vous aide à calmer votre esprit et votre corps pour vous aider à faire face à la maladie, à la douleur et au stress.
  • Entraînement musculaire inspiratoire (EMI) : exercices de respiration à l’aide d’un appareil respiratoire.
  • Thérapie d’équipe basée sur le jeu : jouer à des jeux de groupe qui sont de nature compétitive (p. ex. jouer au ballon en comptant les points).
  • Intervention multimodale : rééducation qui combine des exercices physiques et des exercices cognitifs.
  • Psychoéducation : éducation, conseils, recommandations et stratégies pour vous aider à changer vos pensées et votre comportement.

Il n’existe aucun  » remède  » connu à la fatigue post-AVC. Cependant, lorsque nous avons demandé aux personnes qui ont subi un AVC quelles étaient leurs principales stratégies pour composer avec la fatigue suite à leur AVC, ils nous ont répondu :

  • Accepter le fait que vous pourriez devoir réduire la fréquence ou l’intensité d’une activité ;
  • Planifier les périodes de repos dans votre routine quotidienne ;
  • Organiser votre environnement et votre routine ;
  • Économiser votre énergie dans vos activités quotidiennes en simplifiant une tâche ;
  • Identifier le type de fatigue auquel vous êtes sujet et les activités qui déclenchent votre fatigue ;
  • Donner la priorité aux activités qui ont un sens pour vous et pour votre bien-être ;
  • Communiquer avec vos proches au sujet de votre niveau de fatigue ;
  • S’engager dans des exercices planifiés tels que l’aérobie pour augmenter l’endurance ;
  • Adopter de bonnes habitudes de sommeil.

Quelles sont les thérapies de la fatigue efficaces en cas d’AVC ?

Les thérapies de la fatigue ont été examinées à l’aide d’études de recherche de haute qualité et de qualité acceptable. Il a été démontré que certaines thérapies réduisent la fatigue mentale et améliorent d’autres importants domaines comme l’autonomie dans les activités de soins personnels, la dépression, le sommeil, l’endurance et les fonctions respiratoires chez certains patients suite à un AVC.

En particulier, chez les personnes en phase chronique de récupération post-AVC (plus de six mois après l’AVC), la thérapie de réduction du stress basée sur la pleine conscience s’est avérée utile pour réduire la fatigue mentale, la dépression, l’anxiété et améliorer les capacités cognitives (p. ex. l’attention).

Pour les personnes dans différentes phases de récupération post-AVC (aiguë, subaiguë et/ou chronique), l’entraînement musculaire inspiratoire, la thérapie basée sur le jeu d’équipe, et les interventions multimodales se sont avérés utiles pour réduire la fatigue, améliorer l’autonomie dans les activités quotidiennes (p. ex., l’habillage et la marche), les fonctions respiratoires (p. ex., les capacités respiratoires d’inspiration et d’expiration), la dépression et le sommeil.

À quoi puis-je m’attendre en termes de traitement de la fatigue ?

Votre thérapeute discutera avec vous de la thérapie de fatigue qui vous convient le mieux. La fréquence et la durée de la thérapie dépendent de la nature de la thérapie.

Qui offre les traitements ?

Différents professionnels de soins de santé peuvent administrer les thérapies de la fatigue : ergothérapeutes, physiothérapeutes, psychologues, neuropsychologues et infirmières.

Existe-t-il des effets secondaires ou des risques ?

Les thérapies de la fatigue sont habituellement administrées par un professionnel de la santé qualifié dans une clinique de réadaptation ou à domicile. Votre thérapeute surveillera de près vos réactions au traitement. Il est important de signaler à votre thérapeute tout changement dans votre état (p. ex. plus ou moins de fatigue, qualité du sommeil, indépendance pour les tâches quotidiennes). Votre thérapeute ajustera la nature, l’intensité et la durée de la thérapie en fonction de vos capacités, de votre endurance et de vos progrès.

Est-il possible de parler à quelqu’un qui a subi un AVC ?

Des groupes de soutien sont disponibles dans certaines régions pour les personnes qui ont subi un AVC. Vous pouvez aussi retrouver des témoignages de gens qui ont vécu des problèmes similaires aux vôtres. Consultez votre Association nationale de l’AVC.

Quel est l’impact de ma fatigue sur mon rétablissement ?

La fatigue suite à un AVC peut vous rendre moins motivé, plus épuisé et vous causer des problèmes de concentration. Tous ces symptômes de fatigue ralentiront votre rétablissement. Des études ont démontré que les personnes qui souffrent de fatigue suite à un AVC ne s’améliorent pas aussi rapidement que celles qui n’en souffrent pas.

J’aimerais en savoir plus sur la fatigue et les AVC ?

Comprendre comment la fatigue et les AVC surviennent peut vous rassurer. Il existe de nombreuses ressources en ligne. Votre professionnel de la santé peut vous aider à répondre à vos questions spécifiques.

Un documentaire (d’une durée de 40 minutes) présentant l’impact de la fatigue sur la vie quotidienne de cinq personnes et les stratégies qu’elles utilisent pour composer efficacement avec la fatigue a été produit en mars 2019. Le documentaire peut être visionné en cliquant ici.

Cliquer ici pour accéder à une vidéo sur la fatigue après l’AVC mise en ligne par le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC.

Information aux cliniciens

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé. Les études non randomisées ne sont plus incluses lorsqu’il y a suffisamment d’évidences de recherche indiquant de fortes données probantes (niveau 1a).

Le présent module comprend des études portant sur les interventions spécifiques à la fatigue post-AVC. Certaines études ont été exclues en fonction des critères d’exclusion suivants : i) la fatigue est un résultat secondaire et l’intervention n’est pas spécifique à la fatigue ; et ii) le type d’intervention est présenté dans un autre module existant dans le site Info-AVC. Pour plus d’informations sur les effets de ces interventions sur la fatigue, veuillez consulter le présent module Info-AVC : Réadaptation cognitive, Robotique, Exercices aérobiques, Stimulation magnétique transcrânienne à courant direct/Stimulation magnétique transcrânienne répétitive, Rééducation du membre supérieure orientée sur la tâche, Jeux vidéo, Rééducation de l’équilibre et Rééducation du membre inférieur orientée sur la tâche.

Le présent module comprend huit études : deux ECR de haute qualité, trois ECR de qualité acceptable et trois études non-randomisées. De ce nombre, sept études portaient sur des personnes ayant subi un AVC qui n’étaient pas définis pour une période spécifique de récupération post-AVC (p. ex. des participants en phase subaiguë et chronique de la récupération post-AVC). Les cinq types suivants d’interventions sur la fatigue post-AVC ont été relevés et sont inclus dans le présent module : Réduction du stress basée sur la pleine conscience, Entraînement musculaire inspiratoire, Sports de groupe, Intervention multimodale (Entraînement cognitif et physique) et Psychoéducation en gestion de la fatigue.

Aucune étude sur les interventions en cas de fatigue post-AVC n’a été relevée auprès de patients en phase aiguë et subaiguë de la récupération post-AVC.

Tableau des résultats

Pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement)

Résultats

Phase chronique – Pleine conscience

Anxiété
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur l’anxiété de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). L’anxiété des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par la sous-échelle Anxiété de la Comprehensive Psychopathological Rating Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour réduire l’anxiété de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Dépression
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur la dépression de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). La dépression des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par la sous-échelle Dépression de la Comprehensive Psychopathological Rating Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour réduire la dépression de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Fatigue mentale
Efficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur la fatigue mentale de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). La fatigue mentale des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par le Self-Evaluation Questionnaire for Mental Fatigue. Une différence significative entre les groupes a été relevée en faveur de la thérapie de RSBPC comparée à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience est plus efficace qu’aucune intervention particulière pour réduire la fatigue mentale de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Fluidité verbale
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur la fluidité verbale de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). La fluidité verbale des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par le FAS Verbal Fluency Test. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer la fluidité verbale de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Fonctions exécutives
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur les fonctions exécutives de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). Les fonctions exécutives des patients ont été mesurées à 8 semaines (après l’intervention) par le Trail Making Test (TMT : A, B, C, D) et la Wechsler Adult Intelligence Scale-III : Digit Symbol-Coding Test. Une différence significative entre les groupes a été relevée seulement sur l’une des mesures des fonctions exécutives (TMT – A), en faveur de la thérapie de RSBPC comparée à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer les fonctions exécutives de patients en phase chronique de récupération post-AVC.
Note :
Une différence significative a également été relevée au début de l’étude en faveur du groupe de thérapie de RSBPC comparé à celui ne recevant aucune intervention particulière. Des différences significatives entre les groupes ont été relevées après l’intervention sur les mesures du TMT – B et du TMT – C, mais ces différences n’ont pas conservé leurs valeurs significatives après un ajustement effectué en fonction des scores sur le TMT – A.

Mémoire de travail
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur la mémoire de travail de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). La mémoire de travail des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par la Wechsler Adult Intelligence Scale-III: Digit Span Test. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer la mémoire de travail de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Vitesse de lecture
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Johansson, Bjuhr & Ronnback, 2012) a examiné l’effet de la thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience (RSBPC) sur la vitesse de lecture de patients avec des lésions cérébrales acquises chroniques (62 % ayant subi un AVC). Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une RSBPC, ou une RSBPC différée (aucune intervention particulière). La vitesse de lecture des patients a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) par le Reading Speed Dyslexia Screening test. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie de Réduction du stress basée sur la pleine conscience n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer la vitesse de lecture de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Phase de récupération non spécifique à une période – Éducation sur la gestion de la fatigue

Activités de la vie domestique
Données insuffisantes
5

Une étude non-randomisée (Wu et al., 2017) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur les Activités de la vie domestique (AVD) de patients ayant subi un AVC. Cette étude non-randomisée de type pré/post a assigné les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC. Les AVD des patients ont été mesurées à 6 semaines (après l’intervention) et à 1 et 3 mois (au moment de suivis) par la Nottingham Extended Activities of Daily Living. Aucune amélioration significative n’a été relevée, à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes insuffisantes (niveau 5) ont été relevées au sujet de l’efficacité d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur les Activités de la vie domestique de patients ayant subi un AVC. Cependant, une étude non-randomisée de type pré/post n’a noté aucune amélioration significative suivant un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC.

Activités de la vie quotidienne
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur les Activités de la vie quotidienne (AVQ) de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC ou un programme général de psychoéducation post-AVC. Les AVQ des patients ont été mesurées à 6 semaines (après l’intervention) et à 3 mois (au moment d’un suivi) par l’Indice de Barthel et la modified Rankin Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée, sur aucune des mesures, à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme général de psychoéducation post-AVC) pour améliorer les Activités de la vie quotidienne de patients ayant subi un AVC.

Anxiété
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur l’anxiété de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC ou un programme général de psychoéducation post-AVC. L’anxiété des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 3 mois (au moment d’un suivi) par la sous-échelle Anxiété de l’Hospital Anxiety and Depression Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée, à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme général de psychoéducation post-AVC) pour réduire l’anxiété de patients ayant subi un AVC.

Dépression
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) et une étude non-randomisée (Wu et al., 2017) ont examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur l’anxiété de patients ayant subi un AVC.

L’ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC ou un programme général de psychoéducation post-AVC. La dépression des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 3 mois (au moment d’un suivi) par la sous-échelle Dépression de l’Hospital Anxiety and Depression Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée, à aucun des temps de mesure.

L’étude non-randomisée de type pré/post (Wu et al., 2017) a assigné les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC. La dépression des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 1 et 3 mois (au moment de suivis) par le Patient Health Questionnaire (PHQ-9). Une amélioration significative a été relevée seulement au moment du suivi de 1 mois.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme général de psychoéducation post-AVC) pour réduire la dépression de patients ayant subi un AVC. Parallèlement, une étude non-randomisée de type pré/post n’a relevé aucune amélioration significative immédiate ou à long terme suite à un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue.

Fatigue
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) et deux études non-randomisées (Wu et al., 2017 et Boehm, Muehlberg & Stube, 2015) ont examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur la fatigue de patients ayant subi un AVC.

L’ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC ou un programme général de psychoéducation post-AVC. La fatigue des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 3 mois (au moment d’un suivi) par la Fatigue Severity Scale, une échelle visuelle analogue sur la fatigue (Fatigue, Vigor), et par la Checklist of Individual Strength. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée, sur aucune des mesures, à aucun des temps de mesure.

L’étude non-randomisée de type pré/post (Wu et al., 2017) a assigné les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC. La fatigue des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 1 et 3 mois (au moment de suivis) par la Fatigue Assessment Scale. Une amélioration significative a été relevée seulement au moment du suivi de 3 mois.

L’étude de cas unique (Boehm, Muehlberg & Stube, 2015) a assigné un patient ayant subi un AVC et présentant de la fatigue post-AVC (la phase de récupération post-AVC n’a pas été spécifiée), pour recevoir un cours de gestion de la fatigue. La fatigue du patient a été mesurée à 5 semaines (après l’intervention) par la Fatigue Impact Scale (FIS : Fatigue physique, Fatigue cognitive et Fatigue sociale). Des améliorations ont été notées sur tous les aspects de mesure de la fatigue, cependant les résultats statistiques n’ont pas été documentés. Cette étude ne sera pas considérée pour les fins de la présente conclusion.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme général de psychoéducation post-AVC) pour réduire la fatigue de patients ayant subi un AVC. Parallèlement, une étude non-randomisée de type pré/post n’a relevé aucune amélioration significative immédiate suite à un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue.

Impact de l'AVC
Données insuffisantes
5

Une étude non-randomisée (Wu et al., 2017) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur l’impact de l’AVC de patients ayant subi un AVC. Cette étude non-randomisée de type pré/post a assigné les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC. L’impact de l’AVC a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) et à 1 et 3 mois (au moment de suivis) par la Stroke Impact Scale (SIS : Rétablissement général, Force physique, Mémoire et pensée, Émotion, Communication, Activités quotidiennes, Mobilité, Fonction de la main, Activités sociales). Des améliorations significatives ont été notées sur certains impacts de l’AVC après l’intervention (SIS : Mobilité, Activités sociale) ; à 1 mois de suivi (SIS : Mobilité, Activités sociales) ; et à 3 mois de suivi (SIS : Rétablissement général, Mémoire et pensée, Émotions, Mobilité, Activités sociales).

Conclusion : Des données probantes insuffisantes (niveau 5) ont été relevées au sujet de l’efficacité d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur l’impact de l’AVC de patients ayant subi un AVC. Cependant, une étude non-randomisée de type pré/post a noté certaines améliorations significatives sur l’impact de l’AVC suivant un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC.

Qualité de vie reliée à la santé
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Clarke, Baker-Collo & Feigin, 2012) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur la qualité de vie reliée à la santé de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir un programme de psychoéducation sur la gestion de la fatigue post-AVC ou un programme général de psychoéducation post-AVC. La qualité de vie reliée à la santé a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) et à 3 mois (au moment d’un suivi) par la Short Form-36 (SF-36 : Fonctionnement physique, Rôle physique, Rôle émotionnel, Énergie/Fatigue, Bien-être émotionnel, Fonctionnement social, Douleur, Santé générale). Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée, à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme général de psychoéducation post-AVC) pour améliorer la qualité de vie reliée à la santé de patients ayant subi un AVC.

Rendement occupationnel
Données insuffisantes
5

Une étude non-randomisée (Boehm, Muehlberg & Stube, 2015) a examiné l’effet d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur le rendement occupationnel d’un patient ayant subi un AVC. Cette étude de cas unique a assigné un patient ayant subi un AVC et présentant de la fatigue post-AVC (la phase de récupération post-AVC n’a pas été spécifiée), pour recevoir un cours de gestion de la fatigue. Le rendement occupationnel du patient a été mesurée à 5 semaines (après l’intervention) par la Mesure Canadienne du rendement occupationnel (MCRO : Rendement perçu, Satisfaction). Aucune amélioration n’a été notée, cependant les résultats statistiques n’ont pas été documentés.

Conclusion : Des données probantes insuffisantes (niveau 5) ont été relevées au sujet de l’efficacité d’un programme d’éducation sur la gestion de la fatigue sur le rendement occupationnel de patients ayant subi un AVC. Cependant, une étude de cas unique n’a noté aucune amélioration sur le rendement occupationnel suivant un cours de gestion de la fatigue.

Phase de récupération non spécifique à une période – Sports de groupe

Dépression
Efficace
2b

Une étude quasi-expérimentale (Kim, 2012) a examiné l’effet des sports de groupe sur la dépression de patients ayant subi un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné les patients en phase aiguë, subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour participer à un sport de groupe (jeux de ballon), ou à aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La dépression des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par une version coréenne de la State Depression Scale. Une différence significative entre les groupes a été relevée en faveur du sport de groupe comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2b), provenant d’une étude quasi-expérimentale, indiquent que les sports de groupe sont plus efficaces qu’aucune intervention particulière pour réduire la dépression de patients ayant subi un AVC.

Fatigue
Efficace
2b

Une étude quasi-expérimentale (Kim, 2012) a examiné l’effet des sports de groupe sur la fatigue de patients ayant subi un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné les patients en phase aiguë, subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour participer à un sport de groupe (jeux de ballon), ou à aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La fatigue des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par le Brief Fatigue Inventory. Une différence significative entre les groupes a été relevée en faveur du sport de groupe comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2b), provenant d’une étude quasi-expérimentale, indiquent que les sports de groupe sont plus efficaces qu’aucune intervention particulière pour réduire la fatigue de patients ayant subi un AVC.

Indépendance fonctionnelle
Efficace
2b

Une étude quasi-expérimentale (Kim, 2012) a examiné l’effet des sports de groupe sur l’indépendance fonctionnelle de patients ayant subi un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné les patients en phase aiguë, subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour participer à un sport de groupe (jeux de ballon), ou à aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. L’indépendance fonctionnelle des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par le score total et le score aux domaines Moteur et Cognitif de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF). Une différence significative entre les groupes a été relevée sur deux mesures de la MIF (score total et score du domaine Moteur), en faveur du sport de groupe comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2b), provenant d’une étude quasi-expérimentale, indiquent que les sports de groupe sont plus efficaces qu’aucune intervention particulière pour améliorer l’indépendance fonctionnelle de patients ayant subi un AVC.

Qualité de sommeil
Efficace
2b

Une étude quasi-expérimentale (Kim, 2012) a examiné l’effet des sports de groupe sur la qualité de sommeil de patients ayant subi un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné les patients en phase aiguë, subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour participer à un sport de groupe (jeux de ballon), ou à aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La qualité de sommeil des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par le Pittsburgh Sleep Quality Index. Une différence significative entre les groupes a été relevée en faveur du sport de groupe comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2b), provenant d’une étude quasi-expérimentale, indiquent que les sports de groupe sont plus efficaces qu’aucune intervention particulière pour améliorer la qualité de sommeil de patients ayant subi un AVC.

Phase de récupération non spécifique à une période – Entraînement musculaire inspiratoire

Activités de la vie quotidienne
Efficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) a examiné l’effet d’un entraînement musculaire inspiratoire (EMI) sur les Activités de la vie quotidienne (AVQ) de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Les AVQ des patients ont été mesurées à 2 semaines (après l’intervention) par l’Indice de Barthel. Une différence significative entre les groupes a été relevée en faveur de l’EMI comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un entraînement musculaire inspiratoire est plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer les Activités de la vie quotidienne de patients ayant subi un AVC.

Endurance à la marche
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Cho et al., 2018) a examiné l’effet d’un entraînement musculaire inspiratoire (EMI) sur l’endurance à la marche de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. L’endurance à la marche des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) par le Test de marche en 6 minutes. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’un entraînement musculaire inspiratoire n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer l’endurance à la marche de patients ayant subi un AVC.

Fatigue
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Cho et al., 2018) et un ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) ont examiné l’effet d’un entraînement musculaire inspiratoire (EMI) sur la fatigue de patients ayant subi un AVC.

L’ECR de haute qualité (Cho et al., 2018) a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La fatigue des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) par la Fatigue Severity Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

L’ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La fatigue des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par la Fatigue Assessment Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un entraînement musculaire inspiratoire n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour réduire la fatigue de patients ayant subi un AVC.

Fonctions respiratoires
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Cho et al., 2018) et un ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) ont examiné l’effet d’un entraînement musculaire inspiratoire (EMI) sur les fonctions respiratoires de patients ayant subi un AVC.

L’ECR de haute qualité (Cho et al., 2018) a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Les fonctions respiratoires des patients (PIM, EnMI, EP affecté/non-affecté au repos/contraction, ratio ED affecté/non-affecté) ont été mesurées à 6 semaines (après l’intervention) par un dispositif d’entraînement musculaire inspiratoire PowerBreath K5 (2010, HaB International LtD, UK). Des différences significatives entre les groupes ont été relevées sur certaines mesures des fonctions respiratoires (PIM, EnMI, ED affecté durant contraction, ratio ED affecté), en faveur de l’EMI comparé à aucune intervention particulière.

L’ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Les fonctions respiratoires des patients (CVF, VEF1, ratio VEF1/CVF, PIM, PEM, DEMM, SpO2) ont été mesurées à 2 semaines (après l’intervention) par un spiromètre standard et un oxymètre de pouls digital. Une différence significative entre les groupes a été relevée sur l’une des mesures des fonctions respiratoires (PIM), en faveur de l’EMI comparé à aucune intervention particulière.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’un entraînement musculaire inspiratoire est plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer les fonctions respiratoires de patients ayant subi un AVC. De plus, en ECR de qualité acceptable a relevé une différence significative entre les groupes sur l’une des mesures des fonctions respiratoires, en faveur d’un entraînement musculaire inspiratoire comparé à aucune intervention particulière.

ED : Épaisseur du diaphragme
EnMI : Endurance musculaire inspiratoire
CVF : Capacité vitale forcée
VEF1 : Volume expiratoire forcé en 1 seconde
PIM : Pression inspiratoire maximale
PEM : Pression expiratoire maximale
DEMM : Débit expiratoire moyen maximal
SpO2 : Saturation en oxyhémoglobine au repos.

Perception de l'effort
Inefficace
2a

Un ECR de qualité acceptable (Chen et al., 2016) a examiné l’effet d’un entraînement musculaire inspiratoire (EMI) sur la perception de l’effort de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir un EMI ou aucune intervention particulière ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La perception de l’effort des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par la modified Borg Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’un entraînement musculaire inspiratoire n’est pas plus efficace qu’aucune intervention particulière pour améliorer la perception de l’effort de patients ayant subi un AVC.

Phase de récupération non spécifique à une période - Intervention multimodale

Douleur
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur la douleur de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. La douleur des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par la Pain Self-Observation List. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour réduire la douleur de patients ayant subi un AVC.

Endurance à la marche
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur l’endurance à la marche de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. L’endurance à la marche des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par le Test de marche en 6 minutes. Une différence significative entre les groupes a été relevée après l’intervention, en faveur de la thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées comparée à la thérapie cognitive seule. Cette différence entre les groupes a conservé sa valeur significative au moment du suivi.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour améliorer l’endurance à la marche de patients ayant subi un AVC.

Fatigue
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur la fatigue de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. La fatigue des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par la Checklist Individual Strength (CIS : Fatigue) et par la Fatigue Self-Observation List. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée sur aucune des mesures, à aucun des temps de mesure.
Note : Au moment du suivi, les auteurs ont noté une amélioration significative et cliniquement pertinente de la fatigue sur la mesure de la CIS :Fatigue, pour le groupe de thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour réduire la fatigue de patients ayant subi un AVC.

Humeur et affect
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur l’humeur et l’affect de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. L’humeur et l’affect des patients ont été mesurés à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par l’Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS : Anxiété et Dépression). Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée sur aucune des mesures, à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour améliorer l’humeur et l’affect de patients ayant subi un AVC.

Qualité de vie reliée à la santé
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur la qualité de vie reliée à la santé de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. La qualité de vie reliée à la santé a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par le Stroke-Adapted Sickness Impact Profile. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour améliorer la qualité de vie reliée à la santé de patients ayant subi un AVC.

Qualité du sommeil
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Zedlitz et al., 2012) a examiné l’effet d’une intervention multimodale sur la qualité de sommeil de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour revoir une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées ou seulement une thérapie cognitive. La qualité de sommeil des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par la Sleep Quality Self-Observation List. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée à aucun des temps de mesure.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une intervention multimodale offrant une thérapie cognitive avec un entraînement d’activités graduées n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie cognitive seule) pour améliorer la qualité du sommeil de patients ayant subi un AVC.

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