Thérapie par le miroir – membre inférieur

Évidence révisées en date du 01-11-2018
Auteur(s)* : Annabel McDermott, OT ; Adam Kagan, B.Sc ; Samuel Harvey-Vaillancourt, PT U3 ; Shahin Tavakol, PT U3 ; Dan Moldoveanu, PT U3 ; Phonesavanh Cheang, PT U3 ; Elissa Sitcoff, BA BSc ; Nicol Korner-Bitensky, PhD OT
Version française en traduction libre : Gabriel Plumier
Information aux patients/familles Table des matières

Introduction

La thérapie par le miroir est un type d’imagerie motrice dans laquelle le patient bouge son membre non affecté tout en observant le mouvement dans un miroir ; ce qui envoie un stimulus visuel au cerveau pour favoriser le mouvement du membre affecté. Certains effets de la thérapie par le miroir sur le cerveau ont déjà été observés. Une étude de type croisé auprès d’individus en bonne santé, réalisée par Garry, Loftus et Summers (2004), a démontré que le fait de regarder l’image de la main active dans un miroir augmentait l’excitabilité des neurones du cortex moteur primaire ipsilatéral bien plus que de regarder directement la main inactive (sans miroir). L’étude a également révélé une tendance significative en faveur du fait de voir l’image de la main active dans un miroir comparativement au fait de voir directement la main active (sans miroir).

Bien que de nombreuses études aient examiné l’utilisation de la thérapie par le miroir sur le membre supérieur suite à un AVC, il existe peu de données probantes concernant la thérapie miroir des membres inférieurs. À mesure que de nouvelles études seront disponibles, les avantages et l’utilisation de la thérapie miroir pour les membres inférieurs pourront être mieux compris. Afin d’obtenir une meilleure compréhension de l’effet de la thérapie par le miroir sur les mesures des membres inférieurs, cette revue inclut des études dans lesquelles la thérapie par le miroir est administrée de façon isolée à des groupes d’intervention plutôt que sous la forme d’un traitement combiné à une autre intervention (par exemple la thérapie par le miroir combinée avec une stimulation magnétique transcrânienne répétée).

Veuillez également vous reporter à notre module Thérapie par le miroir – membre supérieur pour consulter les études portant sur l’utilisation de la thérapie par le miroir des membres supérieurs.

Information aux cliniciens

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé. Les études non randomisées ne sont plus incluses lorsqu’il y a suffisamment d’évidences de recherche indiquant de fortes données probantes (niveau 1a).

Neuf essais randomisés (quatre ECR de haute qualité, quatre ECR de qualité acceptable et un ECR de faible qualité) ont étudié l’utilisation d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs suite à un AVC. Parmi ceux-ci :

  • Une étude de qualité acceptable a examiné l’effet de la thérapie par le miroir sur l’équilibre, la mobilité et la fonction motrice lors de la phase aiguë de récupération post-AVC ;
  • Trois ECR de haute qualité ont impliqué des patients en phase subaiguë de récupération post-AVC sur les mesures du déplacement fonctionnel, de la démarche et de la mobilité, de l’indépendance fonctionnelle, du rétablissement moteur, de la spasticité et de l’amplitude articulaire ;
  • Un ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable ont impliqué des patients en phase chronique de récupération post-AVC sur les mesures de la démarche et de la vitesse de marche, de la fonction motrice et du rétablissement moteur, de l’amplitude articulaire et de la spasticité;
  • Les deux ECR de qualité acceptable et l’ECR de faible qualité restant ont impliqué des patients visant l’ensemble du continuum des phases de récupération post-AVC sur les mesures de l’équilibre, de la démarche et de la marche, de la fonction motrice et du rétablissement moteur.

Les interventions comparatives comprenaient une thérapie par le miroir simulée, la réadaptation habituelle, une stimulation électrique et des exercices assistés visant à stimuler les mouvements.

Tableau des résultats

Pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement)

Résultats

Phase aiguë

Équilibre
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Mohan et al., 2013) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur l’équilibre de patients en phase aiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel post-AVC. L’équilibre des patients a été mesuré à 2 semaines (après l’intervention) par la Brunnel Balance Assessment. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer l’équilibre de patients en phase aiguë de récupération post-AVC.

Fonction motrice
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Mohan et al., 2013) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la fonction motrice de patients en phase aiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel post-AVC. La fonction motrice des patients a été mesuré à 2 semaines (après l’intervention) par la sous-échelle Membre inférieur de la Fugl-Meyer Assessment. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la fonction motrice de patients en phase aiguë de récupération post-AVC.

Mobilité
Efficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Mohan et al., 2013) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la mobilité de patients en phase aiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel post-AVC. La mobilité des patients a été mesurée à 2 semaines (après l’intervention) par la Functional Ambulation Categories. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la mobilité de patients en phase aiguë de récupération post-AVC.

Phase subaiguë

Amplitude articulaire
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Xu et al., 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur l’amplitude articulaire de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients avec un pied tombant pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs, une thérapie miroir par le miroir combinée à une stimulation électrique neuromusculaire (SENM), ou une thérapie par le miroir simulée. L’amplitude articulaire passive de la dorsiflexion de la cheville a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) à l’aide d’un goniomètre. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Une différence significative entre les groupes a également été observée en faveur de la thérapie par le miroir combinée à une SENM comparée à la thérapie par le miroir simulée. Aucune différence significative n’a été relevée entre le groupe de thérapie par le miroir des membres inférieurs comparé à celui de thérapie par le miroir combinée à une SENM.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer l’amplitude articulaire (dorsiflexion de la cheville) de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Déplacement fonctionnel
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur le déplacement fonctionnel de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Le déplacement fonctionnel des patients a été mesuré à 4 semaines (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par la Functional Ambulation Categories. Au moment du suivi, aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Note : Les résultats, immédiatement après l’intervention, n’ont pas été documentés.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer le déplacement fonctionnel de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Démarche
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Ji & Kim, 2014) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la démarche de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Les caractéristiques temporo-spatiales de la démarche (position simple, longueur du pas, phase d’appui, phase de balancement, vélocité, cadence, longueur de la foulée et largeur du pas) ont été mesurées à 4 semaines (après l’intervention) par un dispositif d’analyse du mouvement. Des différences significatives entre les groupes ont été observées sur trois mesures de la démarche (position simple, longueur du pas, longueur de la foulée), en faveur de la thérapie par le miroir comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la démarche de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Indépendance fonctionnelle
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur l’indépendance fonctionnelle de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. L’indépendance fonctionnelle des patients a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par le score Moteur de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle. Au moment du suivi, une différence significative entre les groupes été notée en faveur de la thérapie par le miroir comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Les résultats, immédiatement après l’intervention, n’ont pas été documentés.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer l’indépendance fonctionnelle de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Mobilité
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Xu et al., 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la mobilité de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients avec un pied tombant pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs, une thérapie miroir par le miroir combinée à une stimulation électrique neuromusculaire (SENM), ou une thérapie par le miroir simulée. La mobilité des patients a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) par le Test de marche sur 10 mètres. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Des différences significatives entre les groupes ont également été observées en faveur de la thérapie par le miroir combinée à une SENM comparée à la thérapie par le miroir des membres inférieurs et à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la mobilité de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Rétablissement moteur
Efficace
1a

Deux ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007 et Xu et al., 2017) ont examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur le rétablissement moteur des membres inférieurs de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007) a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Le rétablissement moteur des membres inférieurs a été mesuré à 4 semaines (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par le score Membre inférieur du Brunnstrom stages of motor recovery. Au moment du suivi, une différence significative entre les groupes été notée en faveur de la thérapie par le miroir comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Les résultats, immédiatement après l’intervention, n’ont pas été documentés.

Le second ECR de haute qualité (Xu et al., 2017) a assigné aléatoirement les patients avec un pied tombant pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs, une thérapie miroir par le miroir combinée à une stimulation électrique neuromusculaire (SENM), ou une thérapie par le miroir simulée. Le rétablissement moteur des membres inférieurs a été mesuré à 4 semaines (après l’intervention) par le score Membre inférieur du Brunnstrom stages of motor recovery. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Une différence significative entre les groupes a également été notée en faveur de la thérapie par le miroir combinée à une SENM comparée à la thérapie par le miroir simulée. Aucune différence significative n’a été relevée entre le groupe de thérapie par le miroir des membres inférieurs comparé à celui de thérapie par le miroir combinée à une SENM.

Conclusion : De fortes données probantes (niveau 1a), provenant de deux ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer le rétablissement moteur des membres inférieurs de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Spasticité
Inefficace
1A

Deux ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007 et Xu et al., 2017) ont examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la spasticité des membres inférieurs de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Sutbeyaz et al., 2007) a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La spasticité des membres inférieurs a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) et à 6 mois (au moment d’un suivi) par la Modified Ashworth Scale. Au moment du suivi, aucune différence significative entre les groupes été relevée.

Note : Les résultats, immédiatement après l’intervention, n’ont pas été documentés.

Le second ECR de haute qualité (Xu et al., 2017) a assigné aléatoirement les patients avec un pied tombant pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs, une thérapie miroir par le miroir combinée à une stimulation électrique neuromusculaire (SENM), ou une thérapie par le miroir simulée. La spasticité des membres inférieurs a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) par la Modified Ashworth Scale (flexion plantaire). Aucune différence significative n’a été relevée entre le groupe de la thérapie par le miroir des membres inférieurs et celui de thérapie par le miroir simulée.

Note : Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir combinée à une SENM comparée à la thérapie par le miroir simulée. Aucune différence significative n’a été relevée entre le groupe de thérapie par le miroir des membres inférieurs comparé à celui de thérapie par le miroir combinée à une SENM.

Conclusion : De fortes données probantes (niveau 1a), provenant de deux ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour réduire la spasticité des membres inférieurs de patients en phase subaiguë de récupération post-AVC.

Phase chronique

Amplitude articulaire
Efficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur l’amplitude articulaire de patients en phase chronique de récupération post-AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. L’amplitude articulaire passive de la dorsiflexion de la cheville a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) à l’aide d’un goniomètre. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer l’amplitude articulaire (dorsiflexion de la cheville) de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Démarche
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la démarche de patients en phase chronique de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou le programme de réadaptation habituel apparié quant à sa durée. La démarche des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) par la Rivermead visual gait. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir comparée au programme de réadaptation habituel.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme de réadaptation habituel) pour améliorer la démarche de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Fonction motrice
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la fonction motrice de patients en phase chronique de récupération post-AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou le programme de réadaptation habituel apparié quant à sa durée. La fonction motrice des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) par la sous-échelle Membre inférieur de la Fugl-Meyer Assessment. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir comparée au programme de réadaptation habituel.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme de réadaptation habituel) pour améliorer la fonction motrice de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Rétablissement moteur
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) et un ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015) ont examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur le rétablissement moteur de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou le programme de réadaptation habituel apparié quant à sa durée. Le rétablissement moteur des membre inférieurs a été mesuré à 3 mois (après l’intervention) par le score Membre inférieur du Brunnstrom stages of motor recovery. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

L’ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015)a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Le rétablissement moteur des membre inférieurs a été mesuré à 4 semaines (après l’intervention) par le score Membre inférieur du Brunnstrom stages of motor recovery. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme de réadaptation habituel) pour améliorer le rétablissement moteur de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Note : Cependant, un ECR de qualité acceptable a noté que la thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une thérapie par le miroir simulée pour améliorer le rétablissement moteur. Il faut remarquer que les études différaient quant à l’intensité et la durée des interventions, ainsi que par le type de thérapie par le miroir offerte et par le type d’interventions comparatives.

Spasticité
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la spasticité de patients en phase chronique de récupération post-AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La spasticité (flexion plantaire de la cheville) a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) par la Modified Ashworth Scale. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour réduire la spasticité (flexion plantaire de la cheville) de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Vitesse de marche
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) et un ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015) ont examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la vitesse de marche de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Arya, Pandian & Kumar, 2017) a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou le programme de réadaptation habituel apparié quant à sa durée. La vitesse de marche des patients a été mesurée à 3 mois (après l’intervention) par le Test de marche sur 10 mètres (TM10M – vitesse confortable et vitesse maximale). Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

L’ECR de qualité acceptable (Abo Salem & Huang, 2015)a assigné aléatoirement les patients pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La vitesse de marche des patients a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) par le TM10M. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes modérées (niveau 1b), provenant d’un ECR de haute qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, un programme de réadaptation habituel) pour améliorer la vitesse de marche de patients en phase chronique de récupération post-AVC.

Note : Cependant, un ECR de qualité acceptable a noté que la thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une thérapie par le miroir simulée pour améliorer la vitesse de marche. Il faut remarquer que les études différaient quant à l’intensité et la durée des interventions, ainsi que par le type de thérapie par le miroir offerte et par le type d’interventions comparatives.

Phase de récupération non spécifique à une période

Démarche
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Ji et al., 2014) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la démarche de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase subaiguë et chronique de récupération post-AVC pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs, une thérapie par le miroir des membres inférieurs combinée à une stimulation électrique fonctionnelle (SEF), ou une thérapie par le miroir simulée ; tous les participants ont également reçu une réadaptation supplémentaire. La démarche des patients a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) à l’aide d’un système tridimensionnel de capture du mouvement (vélocité, cadence, longueur du pas et longueur de la foulée). Une différence significative entre les groupes a été observée sur l’une des mesures de la démarche (vélocité), en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Note : Des différences significatives entre les groupes ont été notées sur trois mesures de la démarche (vélocité, longueur du pas, longueur de la foulée), en faveur de la thérapie par le miroir combinée à la SEF comparée à la thérapie par le miroir simulée. Aucune différence significative n’a été relevée entre le groupe de thérapie par le miroir des membres inférieurs et celui de thérapie par le miroir combinée à la FES.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la démarche de patients ayant subi un AVC.

Note : La thérapie par le miroir combinée à la SEF s’est avérée plus efficace que la thérapie par le miroir simulée pour améliorer la démarche des patients.

Équilibre
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Wang et al., 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur l’équilibre de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. L’équilibre des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) par l’Échelle d’équilibre de Berg. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer l’équilibre de patients ayant subi un AVC.

Fonction motrice
Inefficace
2B

Un ECR de faible qualité (Kawakami et al., 2015) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la fonction motrice des membres inférieurs de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de faible qualité a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir : (i) une thérapie par le miroir des membres inférieurs ; (ii) une stimulation électrique à commande volitive intégrée ; (iii) une stimulation électrique thérapeutique ; (iv) des exercices assistés répétitifs (v) : ou des exercices assistés visant à stimuler les mouvements. La fonction motrice des membres inférieurs a été mesurée à 4 semaines (après l’intervention) par le Stroke Impairment Assessment Set (test de flexion de la hanche, test d’extension du genou, test du coussinet du pied). Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2b), provenant d’un ECR de faible qualité, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs n’est pas plus efficace que des interventions comparatives (ici, une stimulation électrique à commande volitive intégrée, une stimulation électrique thérapeutique, des exercices assistés répétitifs ou des exercices assistés visant à stimuler les mouvements) pour améliorer la fonction motrice des membres inférieurs de patients ayant subi un AVC.

Marche
Efficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Wang et al., 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur la marche de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. La marche des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) par la Functional Ambulation Categories et la sous-échelle Locomotion de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle. Des différences significatives entre les groupes a été notées sur les deux mesures, en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer la marche de patients ayant subi un AVC.

Rétablissement moteur
Efficace
2A

Un ECR de qualité acceptable (Wang et al., 2017) a examiné l’effet d’une thérapie par le miroir des membres inférieurs sur le rétablissement moteur de patients ayant subi un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients en phase aiguë et subaiguë de récupération post-AVC pour recevoir une thérapie par le miroir des membres inférieurs ou une thérapie par le miroir simulée ; les deux groupes ont également reçu le programme de réadaptation habituel. Le rétablissement moteur des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) par la Brunnstrom stages of motor recovery. Une différence significative entre les groupes a été notée en faveur de la thérapie par le miroir des membres inférieurs comparée à la thérapie par le miroir simulée.

Conclusion : Des données probantes limitées (niveau 2a), provenant d’un ECR de qualité acceptable, indiquent qu’une thérapie par le miroir des membres inférieurs est plus efficace qu’une intervention comparative (ici, une thérapie par le miroir simulée) pour améliorer le rétablissement moteur de patients ayant subi un AVC.

Références

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Études exclues

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Reason for exclusion: study compared mirror therapy + rTMS vs. sham mirror therapy + sham rTMS, limiting the ability to compare mirror therapy vs. sham mirror therapy alone.

Cha, H.G. & Oh, D.W. (2016). Effects of mirror therapy integrated with task-oriented exercise on the balance function of patients with poststroke hemiparesis: a randomized-controlled pilot trial. International Journal of Rehabilitation Research, 39(1), 70-6. DOI: 10.1097/MRR.0000000000000148

Reason for exclusion: participants performed movements in front of mirrors with full view of both sides of the body simultaneously.

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