Exercice aérobique – phase subaiguë

Évidence révisées en date du 22-11-2011
Auteur(s)* : Adam Kagan, B.Sc ; Anita Petzold, BSc OT ; Nathalie Serrat, BSC PT ; Amanda Ischayek BSc PT ; Sabrina Ianni, BSc, PT ; Caroline Labelle, BSc PT ; Sukhdeep Johal, Bsc PT ; Monica Trozzo BSc. PT ; Elissa Sitcoff, BA BSc ; Annabel McDermott, OT ; Nicol Korner-Bitensky, PhD OT
Réviseur expert : Janice Eng, PhD PT; Pamela Duncan, PhD PT(C)
Information aux patients/familles Table des matières

Introduction

Il a été démontré que les patients avec un AVC ont une faible endurance pendant l’exercice, probablement en raison de l’événement et aussi comme une réaction secondaire à l’inactivité forcée. On sait également qu’il existe une relation positive entre la capacité aérobie et la performance fonctionnelle (Katz-Leurer et al. 2003).

Ce module se concentre sur l’exercice aérobique pour les personnes qui sont en phase subaiguë (de 1 à 6 mois après un AVC) de récupération.

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Information aux patients/familles

Auteurs* : Adam Kagan, B.Sc.; Nathalie Serrat, BSC PT; Amanda Ischayek BSc PT; Sabrina Ianni, BSc, PT; Caroline Labelle, BSc PT; Sukhdeep Johal, Bsc PT; Monica Trozzo BSc. PT; Elissa Sitcoff, BA BSc; Nicol Korner-Bitensky, PhD OT

Qu’est-ce que l’exercice aérobique ?

L’exercice aérobique fait allusion à une activité physique exigeant l’utilisation d’oxygène par le corps pour générer de l’énergie. Il est important de faire de l’exercice aérobique pour rester en bonne santé. L’exercice aérobique a pour principal intérêt de conditionner le cœur et les poumons. Il accroît la quantité d’oxygène apportée au corps, ce qui amène le cœur à utiliser l’oxygène plus efficacement. De plus, l’exercice aérobique peut contrôler la graisse du corps, augmenter l’énergie, faire baisser la tension artérielle, augmenter la résistance à l’effort et améliorer l’humeur.

Il existe plusieurs types d’exercices aérobiques qui peuvent être pratiqués à différents niveaux d’intensité pendant des périodes de temps variées. Toute activité qui dure plus de 3 minutes est considérée comme aérobique (comme le golf, la bicyclette, la marche et la natation).

Note : Les autres formes d’exercices (comme ceux qui mettent l’accent sur la souplesse et la musculation) sont tout aussi importantes, mais seules celles qui se concentrent sur l’exercice aérobique seront abordées dans ce module.

Pourquoi est-il important que je fasse de l’exercice après mon AVC ?

Après un AVC, il est fréquent d’avoir des difficultés persistantes de mobilité, par exemple pour la marche. Il est important de continuer à faire de l’exercice malgré ces défis, pour éviter de tomber dans un cercle vicieux, où la difficulté de bouger conduit au manque d’exercice et le manque d’exercice mène à un nouvel affaiblissement musculaire et à une condition physique diminuée. L’inactivité peut contribuer à des complications physiques, notamment l’ostéoporose et une circulation sanguine réduite. Elle peut aussi mener à la perte d’indépendance, à la dépression et à l’isolement social. Plus vous êtes inactif, plus il est difficile de maintenir une bonne santé cardiovasculaire, mentale et neurologique.

Heureusement, les bienfaits de l’exercice aérobique s’appliquent également aux personnes qui sont en phase subaiguë d’un AVC. Les recherches ont montré que l’exercice contribuait à l’amélioration du bien-être physique et mental, de la fonction cardiaque, de la résistance à l’effort, de l’équilibre, de la qualité de vie en général et du mouvement. De plus, l’exercice peut faire baisser la pression artérielle, favoriser un bon équilibre des graisses du sang, aider le corps à maintenir un niveau sain d’insuline et minimiser la dépression.

Comment dois-je commencer à faire de l’exercice après un AVC ?

Avant de commencer un programme d’exercice, il est recommandé d’avoir une évaluation médicale complète pour déterminer vos besoins spécifiques. Votre équipe médicale ou de réadaptation peut travailler avec vous pour mettre au point un régime d’exercice approprié (y compris le type d’activités, la fréquence à laquelle vous devez participer aux activités et la durée de ces activités) en fonction de vos capacités et de vos besoins individuels.

Quel type d’activités dois-je faire ?

Vous devriez choisir une activité qui vous divertira.
Voici quelques exemples d’activités à caractère aérobique :

  • Golf
  • Marche
  • Danse
  • Natation
  • Cyclisme
  • Tennis
  • Quilles

Le jardinage et le ménage sont également d’excellentes formes d’exercice aérobique. Essayez d’ajouter des exercices à votre routine quotidienne, par exemple, stationnez votre voiture plus loin de votre destination. Toute forme d’activité physique peut être bénéfique à condition de la pratiquer régulièrement et de façon constante.

En ce qui concerne la bicyclette, beaucoup de gens trouve cela difficile ou ont peur de tomber. Ce problème peut se résoudre si vous utilisez une bicyclette stationnaire. Les bicyclettes stationnaires sont un moyen sans danger et efficace de faire de l’exercice aérobique à faible impact; c’est donc un bon choix pour les personnes qui ont subi un AVC. Ces bicyclettes peuvent aussi être modifiées pour convenir à vos besoins individuels.

Les tapis roulants sont également utiles pour marcher, à condition qu’ils soient équipés d’une barre pour se tenir, et d’une façon de modifier la vitesse et l’intensité. Un tapis roulant est surtout utile pour réentraîner à la marche les personnes qui ont subi un AVC.

Puis-je pratiquer les mêmes exercices qu’auparavant?

Après un AVC, il est parfois difficile de reprendre les mêmes activités que vous aimiez pratiquer auparavant. Vous devrez peut-être changer votre régime d’exercices précédent, ce qui veut dire découvrir de nouvelles activités qui sont peut-être moins exigeantes physiquement. Voici ce qu’il vous faudra peut-être modifier :

  • Le niveau de difficulté de l’exercice
  • La durée de votre exercice
  • La fréquence de votre exercice

Cela dépendra de vos besoins et de vos capacités et devrait être déterminé par une équipe de réadaptation.

Certains équipements peuvent aussi être utilisés pour faciliter l’exercice, comme des mains courantes et des aides techniques. Par exemple, vous aimez peut-être la natation, mais il vous faudra alors trouver une piscine qui a des adaptations et des équipements de sécurités péciaux.

Qui peut m’aider à reprendre mes activités physiques?

Le personnel de réadaptation, comme les ergothérapeutes, physiothérapeutes, travailleurs sociaux, thérapeutes en loisirs, et psychologues vous aideront à commencer votre nouveau programme d’exercices, mais votre famille et vos amis sont une excellente source de soutien pour vous aider à continuer avec succès. La pratique de l’exercice avec un(e) ami(e) ou un membre de votre famille est motivant, encourageant et, bien sûr, plus amusant.

À quelle fréquence et pendant combien de temps dois-je faire de l’exercice ?

D’après l’American Heart Association, la fréquence recommandée de l’entraînement est d’une durée de 20 à 60 minutes par jour, 3 à 7 jours par semaine, selon le niveau de condition physique du patient. ** Une fois encore, cependant, il est très important de prendre un avis médical avant de commencer à pratiquer un programme d’exercice et d’obtenir un avis sur la fréquence et la durée des activités que vous devez pratiquer.

Où puis-je participer à un programme d’exercice?

Pendant votre séjour à l’hôpital ou dans un centre de réadaptation, vous participerez à des programmes d’exercice mis au point et assistés par votre équipe de réadaptation. Quand vous serez prêt à rentrer chez vous, l’équipe pourra vous montrer comment continuer par vous-même, et pourra vous recommander de vous joindre à un programme d’exercice ou à une combinaison des deux.

Des centres de jour, des centres communautaires locaux et des gymnases de votre quartier pourront vous fournir des programmes et un soutien appropriés à vos besoins.

Cela est-il efficace après un AVC ?

Des recherches ont exploré comment l’exercice aérobique pouvait aider dans la phase subaiguë d’un AVC; en voici les conclusions :

  • Capacité aérobique : C’est la quantité la plus élevée d’oxygène consommé pendant un exercice maximal. Des études ont montré que l’exercice aérobique améliorait la capacité aérobique.
  • Fréquence cardiaque : Avec l’exercice aérobique, la fréquence cardiaque n’a pas augmenté chez les patients en phase chronique d’un AVC. C’est un résultat positif.
  • Marche : Dans certaines études, il a été démontré que l’exercice aérobique améliorait la distance et la vitesse de marche.
  • Endurance : Il y a des preuves solides que l’exercice aérobique améliore l’endurance chez les personnes en phase subaiguë d’un AVC.
  • Dépression : Des études ont démontré que l’exercice aérobique pouvait améliorer les symptômes dépressifs chez les personnes en phase subaiguë d’un AVC, mais seulement à court terme.
  • Qualité de vie : La pratique de l’exercice aérobique semblait aussi améliorer la qualité de vie des personnes en phase subaiguë d’un AVC.
  • Équilibre : Il a été démontré que l’exercice aérobique améliorait certains aspects de l’équilibre chez les personnes en phase subaiguë d’un AVC.

Y a-t-il des effets secondaires ou des risques ?

L’exercice est pratiquement sans risque, mais il est important de rester dans les limites de votre seuil personnel. Comme mentionné plus haut, il vaut mieux consulter votre médecin ou thérapeute avant de commencer un programme d’exercice. Il vous aidera à déterminer à quelle fréquence vous devez faire de l’exercice, quelles activités vous devez pratiquer et avec quelle intensité. Si vous étiez physiquement actif avant l’AVC, vous pourrez peut-être ou peut-être pas continuer les mêmes activités. Il vous faudra peut-être simplement modifier ces activités afin qu’elles soient plus faciles pour vous. Si vous ressentez des étourdissements, des douleurs (surtout dans la poitrine) ou si vous avez de la difficulté à respirer, cessez immédiatement votre exercice et dites-le à votre professionnel de la santé.

Information aux cliniciens

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé.
Note : Il est difficile de dire avec une certitude absolue si une intervention avec un exercice donné est « aérobique » par nature. Dans ce module, nous n’incluons que les études qui comportaient une intervention avec un exercice aérobique sans équivoque. Plus précisément, seules celles qui incluaient un résultat examinant l’effet de l’exercice sur la capacité aérobique (pic de VO2, pic de charge de travail et pic de fréquence cardiaque pendant un test aérobique maximal) ont été prises en considération. Nombre de ces études exploraient aussi les résultats fonctionnels, physiques et émotionnels et ces résultats sont inclus. De même, toutes les études jusqu’à ce jour qui ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur l’AVC en phase subaiguë présentent un « cocktail » de différents types de traitement (p. ex. entraînement en résistance, entraînement en souplesse ainsi qu’une composante solide d’entraînement aérobique), il est donc important de noter que les effets de ces interventions peuvent être attribuables en partie à la combinaison de différents traitements et non à la composante aérobique spécifiquement.

Les études qui satisfont aux critères d’inclusion (trois ECR de haute qualité, un ECR de qualité acceptable et une étude pilote) laissent entendre qu’un programme d’exercice soutenu contenant une composante aérobique fournie sur une période d’au moins 8 semaines, 3 fois par semaine, peut améliorer les aspects de la fonction physiologique, de la fonction physique et du bien-être émotionnel chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Cliquez ici pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement).

Résultats

Acide lactique
Évidence insuffisante
5

Une étude de type pré/post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur les niveaux d’acide lactique au repos et maximaux chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. Une augmentation significative avant-après du lactate maximal (indiquant une amélioration) a été constatée tandis qu’aucune différence significative avant-après n’a été relevée pour le lactate au repos.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) démontrant que l’exercice aérobique a un effet sur l’acide lactique chez les patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, une étude de type pré/post a constaté que l’exercice aérobique améliore le lactate maximal mais n’améliore pas le lactate au repos, chez les patients en phase subaiguë d’un AVC qui ont une artériopathie carotidienne.

Bilan lipidique sanguin
Évidence insuffisante
5

Une étude de type pré/post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur le bilan lipidique sanguin chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. Une augmentation significative avant-après du bilan lipidique sanguin a été constatée, comme indiqué par une baisse du cholestérol total (CT), du cholestérol LDL, des triglycérides et du CT/cholestérol HDL. De même, une augmentation du HDL total a été constatée, cependant l’augmentation n’était pas significative.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) démontrant que l’exercice aérobique a un effet sur le bilan lipidique sanguin des patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, une étude de type pré/post a constaté que l’exercice aérobique améliore le bilan lipidique sanguin des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Contrôle moteur du membre supérieur et inférieur
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a étudié l’effet de l’exercice aérobique sur le contrôle moteur du membre supérieur et du membre inférieur chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Aucune différence significative du contrôle moteur pour le membre supérieur et le membre inférieur, mesuré par l’Échelle sensorimotrice de Fugl-Meyer, n’a été constatée entre le groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur, et le groupe témoin qui avait reçu les soins habituels seulement.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas le contrôle moteur du membre supérieur et du membre inférieur chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Dépression
Efficace *
1B

Un ECR de haute qualité (Lai et al., 2006), basé sur le groupe de patients étudié par Duncan et al., 2003) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la dépression chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Un résultat significativement meilleur des symptômes dépressifs, comme indiqué par un score moyen inférieur de l’Échelle de dépression gériatrique (GDS) et des scores moyens plus élevés aux sous-échelles émotionnelles tant du Medical Outcome Short Form-36 que de la Stroke Impact Scale, a été constaté en faveur du groupe d’intervention immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la résistance, l’équilibre et le membre supérieur par rapport au groupe témoin qui avait reçu les soins habituels seulement. Cependant, lors de la mesure à 6 mois après le traitement, les différences entre les groupes n’étaient plus significatives. Significativement moins de patients dans le groupe d’intervention par rapport au groupe témoin ont obtenu un score dans le « segment dépression » de l’échelle GDS (score GDS ≥ 6) aux deux moments d’évaluation par rapport au départ. Aucune différence significative avec l’utilisation de médicaments antidépresseurs n’a été signalée entre les groupes immédiatement après l’intervention ou au suivi à 6 mois.

NOTE : Il convient de noter qu’aucune relation n’a été trouvée entre les symptômes dépressifs au départ et l’effet de l’exercice aérobique sur les gains de la fonction physique, cependant on a constaté que seuls les patients du groupe d’intervention ayant des symptômes dépressifs au départ montraient des améliorations aux mesures de qualité de vie (mesurées par la Stroke Impact Scale et le Medical Outcome Short Form-36).

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR* de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique améliore les symptômes dépressifs à court terme, mais pas à long terme (suivi à 6 mois), chez des patients en phase subaiguë d’un AVC et que celle-ci donne aussi lieu à un nombre significativement moins élevé de client avec des résultats dans le « segment dépression » sur l’Échelle de dépression gériatrique (score ≥ 6) tant à court terme qu’à long terme (suivi à 6 mois).

* Il est important de noter qu’en plus d’une amélioration pour les symptômes dépressifs, cette étude a trouvé une amélioration pour la capacité aérobique (voir Duncan et al., 2003). 

Distance de marche
Contradictoire
4

Deux ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003, Katz-Leurer et al., 2003a) un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) et une étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur la distance de marche chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a constaté une augmentation significative d’une distance de marche de 6 minutes en faveur d’un groupe d’intervention immédiatement après avoir reçu un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur comparé à un groupe témoin n’ayant reçu que les soins habituels.

Le second ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) n’a observé aucune différence significative entre les groupes pour la distance (mesurée par un test subjectif de la distance de marche) immédiatement après un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre, comparé à un groupe témoin qui n’a reçu aucun entraînement aérobique.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) n’a observé aucune différence significative sur la distance de marche post-intervention entre un groupe de patients ayant suivi un programme de 8 semaines de séances d’exercice aérobique sur bicyclette stationnaire (voulant atteindre 30 minutes par séance à 60 % de la fréquence cardiaque maximale) combiné aux soins habituels comparativement à un groupe témoin ne recevant que les soins habituels.

L’étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) a constaté une tendance à l’amélioration pour des patients ayant reçu, jusqu’au congé, des séances de 30 minutes sur un cycloergomètre, trois fois par semaine, comparé à un groupe témoin qui ne recevait que le programme de réadaptation. Cependant, aucune différence significative entre les groupes n’a été constatée.

Conclusion : Il y a des données probantes contradictoires (niveau 4) quant à savoir si l’exercice aérobique améliore la distance de marche, alors qu’un ECR de haute qualité a démontré que l’exercice aérobique améliore la distance de marche comparé aux soins habituels tandis qu’un ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable ont indiqué que l’exercice aérobique n’améliore pas la distance de marche comparé aux soins habituels. Cependant, il faut noter que l’ECR de haute qualité qui a constaté une amélioration (Duncan et al., 2003) comportait une période de traitement plus longue et incluait une intervention de traitement plus variée.

Endurance
Efficace
1a

Trois ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010, Katz-Leurer et al., 2003a, Duncan et al., 2003) ont exploré l’effet de l’exercice aérobique sur l’endurance chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010) a constaté une amélioration de l’endurance à l’exercice (durée) à 4 semaines après le traitement en faveur de l’exercice aérobique combiné à une thérapie conventionnelle comparativement à la thérapie conventionnelle seule.

Le second ECR (Katz-Leurer et al., 2003a) a constaté une amélioration de l’endurance, comme indiqué par un temps d’exercice significativement plus long (étape plus élevée atteinte pendant un test en plusieurs étapes sur un cycloergomètre), en faveur du groupe traité après un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre, par rapport au groupe témoin qui avait reçu le traitement habituel seulement.

Le troisième ECR (Duncan et al., 2003) a constaté une amélioration de l’endurance, comme indiqué par une augmentation significative de la durée de l’exercice, en faveur du groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur par rapport au groupe témoin qui avait reçu les soins habituels seulement.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) issues de trois ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique améliore l’endurance chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Équilibre
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur l’équilibre des patients en phase subaiguë d’un AVC. Une amélioration significative de l’équilibre, mesuré par l’Échelle d’équilibre de Berg, a été constatée en faveur du groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la résistance, l’équilibre et le membre supérieur par rapport au groupe témoin qui avait reçu les soins habituels seulement. Cependant aucune différence entre les groupes n’a été trouvée au niveau de la capacité d’atteindre des objets avec les bras tendus vers l’avant (functional reach).

Conclusion: Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique améliore certains aspects de l’équilibre mais pas la capacité d’atteindre des objets avec les bras tendus vers l’avant (functional reach) chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Il faut noter que le programme d’exercice comportait une composante liée à l’équilibre.

Fonction du membre supérieur
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a étudié l’effet de l’exercice aérobique sur la fonction du membre supérieur chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Aucune différence significative de la fonction du membre supérieur, mesurée par le Wolf Motor Function Test, n’a été observée entre le groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur, et le groupe témoin qui avait reçu les soins habituels seulement.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas la fonction du membre supérieur chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Force
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a étudié l’effet de l’exercice aérobique sur la force des patients en phase subaiguë d’un AVC. Aucune amélioration significative de la force de préhension, mesurée par un dynamomètre JAMAR, ou de la force isométrique pour la dorsiflexion de la cheville et l’extension du genou, mesurée par un dynanomètre Cybex, n’a été constatée pour le groupe traité qui a reçu un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur, par rapport au groupe témoin qui a t reçu les soins habituels seulement.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas la force, comparé aux soins habituels, chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Fréquence cardiaque au repos
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a), un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) et une étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur la fréquence cardiaque au repos chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) a noté une diminution significative de la fréquence cardiaque au repos (ce qui indique une amélioration), immédiatement après l’intervention, en faveur du groupe traité ayant reçu les soins habituels combiné à un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre comparé au groupe témoin qui a reçu le traitement habituel seulement.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) n’a observé aucune différence significative sur la fréquence cardiaque au repos entre un groupe de patients ayant reçu 8 semaines de séances d’exercice aérobique sur bicyclette stationnaire (voulant atteindre 30 minutes par séance à 60 % de la fréquence cardiaque maximale) combiné aux soins habituels comparativement à un groupe témoin ne recevant que les soins habituels.

L’étude de type pré-post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la fréquence cardiaque au repos chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement modéré sur tapis roulant pendant 12 semaines. Une diminution significative pré-post de la fréquence cardiaque au repos a été observée, ce qui indique une amélioration.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’une étude pilote de type pré-post démontrant que l’exercice aérobique améliore la fréquence cardiaque au repos chez les patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, un ECR de qualité acceptable n’a observé aucune amélioration comparé aux soins habituels.

Indépendance dans les activités quotidiennes et sociales
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010) et un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer et al., 2003b using the group studied in Katz-Leurer et al., 2003a) ont exploré l’effet de l’exercice aérobique sur l’indépendance dans les activités quotidiennes et sociales chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010) a réparti les patients en phase subaiguë post-AVC en un groupe recevant des séances d’exercice aérobique combiné à une thérapie conventionnelle ou en un groupe recevant seulement la thérapie conventionnelle. Aucune différence significative entre les groupes n’a été observée sur le niveau d’indépendance dans les activités quotidiennes après 4 semaines post-intervention à partir des résultats de l’Indice de Barthel et de la Katz ADL Scale.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer et al., 2003b utilisant le groupe étudié dans Katz-Leurer et al., 2003a) a répartis de façon aléatoire dans l’un des deux groupes; le groupe d’intervention recevait le traitement habituel de réadaptation combiné à un programme d’exercice aérobique supervisé de 8 semaines, et le groupe témoin recevait le traitement habituel seulement. Aucun effet global de l’exercice aérobique sur le niveau d’indépendance dans les activités quotidiennes et sociales n’a été trouvé, comme indiqué par l’absence de différence significative entre les groupes au Frenchay Activities Index (FAI), mesuré au départ (pour évaluer les niveaux préalables à l’AVC) et à 6 mois après l’AVC. Cependant, un effet significatif a été relevé dans un sous-groupe de patients qui avaient subi un AVC de gravité plus sévère (Stroke Severity Scale [SSS] > 30 au départ), comme indiqué par un déclin significativement moins important aux scores du FAI pour le groupe d’intervention par rapport au groupe témoin.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas l’indépendance dans les activités quotidiennes et sociales chez les patients en phase aiguë/subaiguë d’un AVC.

* Il est important de noter qu’en plus d’un effet de l’exercice aérobique sur l’indépendance chez les patients ayant subi un AVC grave, cette étude a également trouvé une amélioration pour la capacité aérobique (pour en savoir plus, reportez-vous à Katz-Leurer et al., 2003a).

Indépendance fonctionnelle
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) et un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) ont exploré l’effet de l’exercice aérobique sur l’indépendance fonctionnelle chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) a réparti les patients de façon aléatoire dans l’un des deux groupes suivants : le groupe d’intervention recevait le traitement habituel de réadaptation combiné à un programme d’exercice aérobique supervisé de 8 semaines, tandis que le groupe témoin recevait le traitement habituel seul. Aucun effet global de l’exercice aérobique sur le niveau d’indépendance fonctionnelle n’a été trouvé, comme indiqué par l’absence de différence significative entre les groupes sur la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (FIM), mesurée au départ et immédiatement après l’intervention.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) n’a observé aucune différence significative à partir des résultats de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (FIM) entre un groupe de patients ayant reçu 8 semaines de séances d’exercice aérobique sur bicyclette stationnaire (voulant atteindre 30 minutes par séance à 60 % de la fréquence cardiaque maximale) combiné aux soins habituels comparativement à un groupe témoin ne recevant que les soins habituels.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas l’indépendance fonctionnelle chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Montée d'escaliers
Efficace
1b

Un ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) et un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur la montée d’escaliers chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) a noté une augmentation significative du nombre de marches montées par le groupe d’intervention immédiatement après avoir suivi un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre, comparativement au groupe témoin qui n’a reçu aucun entraînement aérobique.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) a observé une augmentation significative du nombre de marches montées en faveur d’un groupe de patients ayant suivi un programme de 8 semaines de séances d’exercice aérobique sur bicyclette stationnaire (voulant atteindre 30 minutes par séance à 60 % de la fréquence cardiaque maximale) combiné aux soins habituels comparativement à un groupe témoin ne recevant que les soins habituels.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable démontrant que l’exercice aérobique améliore la montée d’escaliers, comparé aux soins habituels, chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Pic de charge de travail
Efficace
1a

Deux ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010, Katz-Leurer et al., 2003a), un ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) et une étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur le pic de charge de travail chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010) a constaté une augmentation significative pour le pic de charge de travail (Watts) à 4 semaines (immédiatement après le traitement), en faveur de l’exercice aérobique combiné à une thérapie conventionnelle comparativement à la thérapie conventionnelle seule.

Le second ECR (Katz-Leurer et al., 2003a) a observé un groupe qui recevait le traitement habituel et un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre et l’a comparé à un groupe témoin qui recevait le traitement habituel seulement. Une augmentation significative pour le pic de charge de travail a été constatée lors du test sur cycloergomètre, indiquant une amélioration de la capacité aérobique en faveur du groupe traité comparé au groupe témoin immédiatement après l’intervention.

L’ECR de qualité acceptable (Katz-Leurer & Shochina, 2007) a observé une augmentation significative pour le pic de charge de travail suivant un programme de 8 semaines de séances d’exercice aérobique sur bicyclette stationnaire (voulant atteindre 30 minutes par séance à 60 % de la fréquence cardiaque maximale) combiné aux soins habituels comparativement à un groupe témoin ne recevant que les soins habituels.

L’étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) n’a observé aucune différence significative au niveau du taux (Watts) de pic de charge de travail entre un groupe de patients recevant, jusqu’au congé, des séances sur un cycloergomètre combiné à un programme typique de réadaptation et un groupe témoin qui ne recevait que le programme de réadaptation.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) issues de deux ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable démontrant que l’exercice aérobique augmente significativement le pic de charge de travail comparé au soins habituels chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, il faut noter qu’une étude quasi-expérimentale n’a observé aucune amélioration.

Pic de fréquence cardiaque
Inefficace
1b

Un ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a), une étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) et une étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur le pic de fréquence cardiaque chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur le pic de fréquence cardiaque chez des patients en phase subaiguë après un premier AVC. Le groupe traité a reçu le traitement habituel combiné à un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre et le groupe témoin a reçu le traitement habituel seulement. Aucune différence significative n’a été relevée entre les deux groupes pour le pic de fréquence cardiaque.

L’étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) n’a observé aucune différence significative au niveau du pic de fréquence cardiaque entre un groupe de patients recevant, jusqu’au congé, des séances sur un cycloergomètre combiné à un programme typique de réadaptation et un groupe témoin qui ne recevait que le programme de réadaptation.

L’étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la capacité aérobique chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. Une augmentation significative pré-post du pic de fréquence cardiaque pendant une épreuve d’effort sur tapis roulant a été observée, ce qui indique une amélioration de la capacité aérobique.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’une étude quasi-expérimentale démontrant que l’exercice aérobique n’augmente pas significativement le pic de fréquence cardiaque chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Il faut cependant noter qu’une étude pilote de type pré-post a observé que l’exercice aérobique améliore significativement le pic de fréquence cardiaque – indiquant une amélioration de la capacité aérobique – chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Pic de VO2
Efficace
1a

Deux ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010, Duncan et al., 2003), une étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) et une étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur le pic de VO2 chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Letombe et al., 2010) a constaté une différence significative pour le pic de VO2 à 4 semaines après le traitement en faveur de l’exercice aérobique combiné à une thérapie conventionnelle comparativement à la thérapie conventionnelle seule.

Le second ECR (Duncan et al., 2003) a constaté une augmentation significative du pic de VO2 pendant une épreuve d’effort sur bicyclette stationnaire, indiquant une amélioration de la capacité aérobique en faveur du groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour la force, l’équilibre et le membre supérieur par rapport au groupe témoin qui a reçu les soins habituels seulement.

L’étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) a observé une tendance à l’amélioration du pic de VO2 en faveur d’un groupe de patients recevant, jusqu’au congé, des séances sur un cycloergomètre combiné à un programme typique de réadaptation comparé à un groupe témoin qui ne recevait que le programme de réadaptation.

Une étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur le pic de VO2 chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. Une amélioration significative pré-post du pic de VO2 a été observée pendant l’épreuve d’effort sur tapis roulant indiquant une amélioration de la capacité aérobique.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) issues de deux ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique augmente significativement le pic de VO2 comparé au soins habituels chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. De plus, une étude pilote de type pré-post a observé une amélioration suivant le traitement, tandis qu’une étude quasi-expérimentale constatait une tendance à l’amélioration du pic de VO2 après des séances d’exercice aérobique (comparé à un groupe témoin ne pratiquant pas d’exercice) sans toutefois observer de différences significatives entre les groupes.

Pression artérielle
Inefficace
1b

Un ECR (Katz-Leurer et al., 2003a) de haute qualité a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la pression artérielle chez des patients en phase subaiguë après un premier AVC. Aucun effet significatif sur la pression artérielle au repos ou sous-maximale n’a été constaté dans le groupe traité après un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre par rapport au groupe témoin qui a reçu le traitement habituel seulement.

Une étude pilote de type pré-post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la pression artérielle chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. Une amélioration significative avant-après de la pression artérielle a été trouvée, comme indiqué par une baisse significative de la pression artérielle au repos et une augmentation significative de la pression systolique maximale; cependant, la pression diastolique maximale n’a pas changé significativement.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité démontrant que l’exercice aérobique n’améliore pas la pression artérielle au repos ou sous-maximale chez les patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, une étude de type pré-post a conclu que l’exercice aérobique améliore la pression artérielle au repos ainsi que la pression systolique (mais pas diastolique) maximale chez les patients en phase subaiguë d’un AVC.

Qualité de vie
Efficace *
1b

Un ECR de haute qualité (Lai et al., 2006, utilisant la population de patients indiquée dans Duncan et al., 2003) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur la qualité de vie chez des patients en phase subaiguë d’un AVC. Aucune différence significative pour la qualité de vie, mesurée par la Stroke Impact Scale (SIS) et le Medical Outcome Short Form-36 (SF-36) n’a été relevée entre le groupe d’intervention qui ont suivi un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la résistance, l’équilibre et le membre supérieur, et le groupe témoin qui ont reçu les soins habituels. Cependant, les patients du groupe d’intervention ayant des symptômes dépressifs significatifs au départ montraient une amélioration significativement plus élevée dans la plupart des sous-échelles de la SIS et du SF-36 par rapport au groupe témoin.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR* de haute qualité démontrant que les patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des symptômes dépressifs significatifs pouvaient améliorer leur qualité de vie en faisant de l’exercice aérobique.

* Il est important de noter qu’en plus d’une amélioration de la qualité de vie chez les patients ayant des symptômes dépressifs au départ, cette étude (d’après Duncan et al., 2003) a également trouvé une amélioration pour la capacité aérobique.

Vitesse de marche
Contradictoire
4

Deux ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003, Katz-Leurer et al., 2003a) et une étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur la vitesse de marche chez des patients en phase subaiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Duncan et al., 2003) a constaté une augmentation significative d’une vélocité de marche de 10 mètres en faveur du groupe traité immédiatement après un programme d’exercice de 12 à 14 semaines pour l’endurance, la force, l’équilibre et le membre supérieur comparé à un groupe témoin qui a reçu les soins habituels seulement.

Le second ECR de haute qualité (Katz-Leurer et al., 2003a) n’a observé aucune différence significative entre les groupes sur une vélocité de marche de 10 mètres immédiatement après un programme d’entraînement aérobique de 8 semaines utilisant un cycloergomètre, comparé à un groupe témoin qui n’a reçu aucun entraînement aérobique.

L’étude quasi-expérimentale (Tang et al., 2008) n’a constaté aucune amélioration sur la vitesse de marche suite à des séances de 30 minutes sur un cycloergomètre, trois fois par semaine, jusqu’au congé, comparé à un groupe témoin qui ne recevait que le programme de réadaptation.

Conclusion : Il y a des données probantes contradictoires (niveau 4) quant à savoir si l’exercice aérobique améliore la vitesse de marche, alors qu’un ECR de haute qualité a démontré que l’exercice aérobique améliore la vitesse de marche comparé aux soins habituels et qu’un ECR de haute qualité indique que l’exercice aérobique n’améliore pas la vitesse de marche comparé aux soins habituels. Cependant, il faut noter que l’ECR de haute qualité qui a constaté une amélioration (Duncan et al., 2003) comportait une période de traitement plus longue et incluait une intervention de traitement plus variée.

VO2 au seuil anaérobique
Évidence insuffisante
5

Une étude pilote de type pré/post (Yang et al., 2007) a exploré l’effet de l’exercice aérobique sur le VO2 au seuil anaérobique chez des patients en phase subaiguë d’un AVC qui avaient aussi des antécédents d’artériopathie carotidienne et une démarche hémiparétique résiduelle de légère à modérée. Les patients ont suivi un programme d’entraînement sur tapis roulant d’intensité modérée pendant 12 semaines. On a trouvé une amélioration avant-après significative du VO2 au seuil anaérobique.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) démontrant que l’exercice aérobique a un effet sur le VO2 au seuil anaérobique chez les patients en phase subaiguë d’un AVC. Cependant, une étude pilote de type pré/post a trouvé que l’exercice aérobique augmente significativement le VO2 au seuil anaérobique chez des patients en phase subaiguë d’un AVC.

Références

Cooke, E. V., Mares, K., Clark, A., Tallis, R. C. & Pomeroy, V. M. (2010). The effects of increased dose of exercise-based therapies to enhance motor recovery after stroke: a systematic review and meta-analysis. BMC Medicine, 8:60. Doi:10.1186/1741-7015-8-60.

Duncan P., Studenski S., Richards L., Gollub S., Lai S.M., Reker D., Perera S., Yates J., Koch V., Rigler S., & Johnson D. (2003). Randomized clinical trial of therapeutic exercise in sub-acute stroke. Stroke, 34, 2173-2180.

Katz-Leurer M., Shochina M., Carmeli E., & Friedlander Y. (2003a). The influence of early aerobic training on the functional capacity in patients with cerebrovascular accident at the subacute stage. Archives of American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation, 84, 1609-1614.

Katz-Leurer M., Carmeli E., & Shochina M. (2003b). The effect of early aerobic training on independence six months post stroke. Journal of Clinical Rehabilitation, 17, 735-741.

Katz-Leurer M. & Shochina M. (2007). The influence of autonomic impairment on aerobic exercise outcome in stroke patients. NeuroRehabilitation, 22, 267-72.

Lai S.M., Studenski S., Richards L., Pereram S., Reker D., Rigler S., & Duncan P.W. (2006). Therapeutic exercise and depressive symptoms after stroke. Journal of the American Geriatrics Society, 54, 240-247.

Letombe, A., Cornille, C., Delahaye, H., Khaled, A., Morice, O., Tomaszewski, A., & Olivier, N. (2010). Early post-stroke physical conditioning in hemiplegic patients: A preliminary study. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine, 53, 632–642.

Tang A, Sibley K, Thomas S, Bayley M, Richardson D, McIlroy W & Brooks D. (2008). Effects of an aerobic exercise program on aerobic capacity, spatiotemporal gait parameters, and functional capacity in subacute stroke. Neurorehabilitation & Neural Repair OnlineFirst, DOI:10.1177/1545968308326426

Yang A.L., Lee S.D., Su C.T., Wang J.L., & Lin K.L. (2007). Effects of exercise intervention on patients with stroke with prior coronary artery disease: aerobic capacity, functional ability and lipid profile: a pilot study. Journal of Rehabilitation Medicine, 39, 88-90.

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