Mini-Mental State Examination (MMSE)

Évidence révisées en date du 07-11-2010
Auteur(s)* : Lisa Zeltzer, MSc OT
Éditeur(s) : Nicol Korner-Bitensky, PhD OT ; Elissa Sitcoff, BA BSc
Version française en traduction libre : Alexandra Matteau

But

Le Mini-Mental State Examination (MMSE) a initialement été développé comme un bref outil de dépistage pour fournir une évaluation quantitative des troubles cognitifs et pour consigner les changements cognitifs dans le temps (Folstein, Folstein & McHugh, 1975). Depuis lors, il est maintenant reconnu que l’utilisation répétée du MMSE avec le même client réduit sa validité et il est donc conseillé que cet outil de dépistage ne soit pas utilisé de façon répétitive avec le même individu si l’intervalle de temps entre les tests est bref. Plutôt que de fournir un diagnostic, la mesure devrait être utilisée pour détecter la présence de troubles cognitifs (Folstein, Robins & Helzer, 1983). Le MMSE mesure brièvement les capacités d’orientation dans le temps et l’espace, de rappel immédiat, de mémoire verbale à court terme, de calcul, de langage et de praxies constructives. Alors que la mesure était initialement utilisée pour détecter la démence dans un contexte psychiatrique, son utilisation est maintenant généralisée. Depuis 1993, le MMSE est disponible avec un tableau en annexe qui permet que des normes spécifiques au patient soient identifiées en fonction de l’âge et du niveau d’éducation (Crum, Anthony, Bassett, & Folstein, 1993).

Revue détaillée

But de la mesure

Le Mini-Mental State Examination (MMSE) a initialement été développé comme un bref outil de dépistage pour fournir une évaluation quantitative des troubles cognitifs et pour consigner les changements cognitifs dans le temps (Folstein, Folstein & McHugh, 1975). Depuis lors, il est maintenant reconnu que l’utilisation répétée du MMSE avec le même client réduit sa validité et il est donc conseillé que cet outil de dépistage ne soit pas utilisé de façon répétitive avec le même individu si l’intervalle de temps entre les tests est bref. Plutôt que de fournir un diagnostic, la mesure devrait être utilisée pour détecter la présence de troubles cognitifs (Folstein, Robins & Helzer, 1983). Le MMSE mesure brièvement les capacités d’orientation dans le temps et l’espace, de rappel immédiat, de mémoire verbale à court terme, de calcul, de langage et de praxies constructives. Alors que la mesure était initialement utilisée pour détecter la démence dans un contexte psychiatrique, son utilisation est maintenant généralisée. Depuis 1993, le MMSE est disponible avec un tableau en annexe qui permet que des normes spécifiques au patient soient identifiées en fonction de l’âge et du niveau d’éducation (Crum, Anthony, Bassett, & Folstein, 1993).

Versions disponibles

Le MMSE a été publié par Folstein et al. en 1975.

Caractéristiques de la mesure

Items :

Le MMSE est constitué de 11 questions ou tâches simples qui évaluent diverses fonctions, incluant : l’arithmétique, la mémoire et l’orientation.

Cotation :

Le score est le nombre d’items exacts. La mesure produit un score total de 30. Un score de 23 ou moins est la limite généralement acceptée indiquant la présence de troubles cognitifs (Ruchinskas & Curyto, 2003).

Les niveaux d’atteinte ont également été classifiés comme nul (24-30), léger (18-23) et sévère (0-17) (Tombaugh & McIntyre 1992).

Plus récemment, Folstein, Folstein, McHugh et Fanjiang (2001) ont recommandé les scores seuil suivants :

Score Niveau d’atteinte
≥ 27 Nul
21-26 Léger
11-20 Modéré
≤ 10 Sévère

Crum et al. (1993) ont rapporté que la performance cognitive telle que mesurée par le MMSE varie dans la population selon l’âge et le niveau d’éducation. Il y a une relation inverse entre les scores au MMSE et l’âge, allant d’une médiane de 29 pour ceux âgés de 18 à 24 ans à 25 pour les individus de 80 ans et plus. Il y a également une relation inverse entre les scores au MMSE et l’éducation. Le score médian au MMSE est de 29 pour les individus avec au moins 9 années de scolarité, de 26 pour ceux avec 5 à 8 années de scolarité et de 22 pour ceux avec 0 à 4 années de scolarité.

Le tableau suivant, créé par Crum et al. (1993) peut être utilisé pour comparer le score de votre patient au MMSE avec un groupe de référence en fonction de l’âge et du niveau d’éducation.

(Source: Crum et al., 1993)

Âge
Éducation 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44
4e année 22 25 25 23 23
8e année 27 27 26 26 27
École secondaire 29 29 29 28 28
Collège 29 29 29 29 29
Âge
Éducation 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69
4e année 23 23 22 23 22
8e année 26 27 26 26 26
École secondaire 28 28 28 28 28
Collège 29 29 29 29 29
Âge
Éducation 70-74 75-79 80-84 >84
4e année 22 21 20 19
8e année 25 25 25 23
École secondaire 27 27 25 26
Collège 28 28 27 27

Sous-échelles :

Orientation (nombre total de points = 10), Apprentissage (nombre total de points = 3), Attention et calcul (nombre total de points = 5), Rappel (nombre total de points = 3) et Langage (nombre total de points = 9).

Équipements :

Le MMSE ne requiert pas d’équipement spécialisé.

Formation :

Peu d’informations ont été rapportées sur la formation pour le MMSE, toutefois, une version standardisée du MMSE a été développé (Molloy & Standish, 1997).

Durée :

L’administration par un interviewer formé prend environ 10 minute.

Versions alternatives du MMSE

  • Le Modified Mini-Mental State Examination (3MS) (Teng & Chui, 1987).Une version élargie du MMSE a été développée par Teng et Chui (1987) augmentant le contenu, le nombre et la difficulté des items inclus dans l’évaluation. Le score du 3MS varie de 0 à 100 avec un seuil standardisé de 78/90 pour la présence de troubles cognitifs. L’administration de cette évaluation élargie requiert environ 5 minutes de plus que le MMSE original, qui nécessite environ 10 minutes pour être complété. Grace et al. (1995) ont comparé le MMSE au 3MS auprès de patients gériatriques ayant subi un AVC. La fiabilité test-retest du 3MS s’est avéré excellente (r = 0,80). Le 3MS a également corrélé avec une batterie d’évaluations neuropsychologiques et avec certains domaines cognitifs absents dans le MMSE. Le 3MS s’est avéré être significativement un meilleur prédicteur du résultat fonctionnel que le MMSE (tel que mesuré par la Mesure de l’Indépendance Fonctionnelle). Le 3MS s’est avéré avoir une sensibilité plus élevée que le MMSE (69% contre 44%) et une spécificité similaire (80% contre 79%). L’aire sous la courbe (AUC) du 3MS correspondait à 0,798.
  • 3MS + Dessin d’une horloge (Suhr & Grace, 1999).L’ajout du dessin d’une horloge, une simple mesure de la capacité constructive, a augmenté la sensibilité pour détecter les lésions cérébrales focales du 3MS chez les patients ayant subi un AVC au niveau de l’hémisphère droit (87%). L’ajout du Test de dessin d’horloge nécessite environ deux minutes supplémentaires dans le temps d’administration.
  • Standardized MMSE (SMMSE) (Molloy & Standish, 1997).Molloy et Standish (1997) ont développé le SMMSE pour améliorer la fiabilité de la mesure initile. L’idée était de développer des directives strictes pour l’administration et la notation. Pour examiner la fiabilité du SMMSE auprès de 48 personnes âgées, des étudiants d’université ont été assignés aléatoirement pour administrer le MMSE ou le SMMSE, et ont été formés sur ce test pour l’offrir aux participants à trois occasions différentes. Le SMMSE présente une fiabilité inter-juges et intra-juge significativement supérieure à celle du MMSE. La variance inter-juges a été réduite de 76% et la variance intra-juge a été réduite de 86%. Il a fallu moins de temps pour administrer le SMMSE en comparaison au MMSE (respectivement, moyenne de 10,5 minutes et 13,4 minutes). Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) pour le MMSE se sont avérés adequats (CCI = 0,69) et excellents pour le SMMSE (ICC = 0,90).
  • Version téléphonique (ALFI-MMSE) (Roccaforte, Burke, Bayer & Wengel, 1992).Cette version inclut 22/30 des items du MMSE original, dont la majorité a été retirée de la dernière section (langage et motricité). Roccaforte et al. (1992) ont examiné la validité de l’ALFI-MMSE auprès de 100 patients gériatriques. Les corrélations entre la version téléphonique et la version en entrevue face à face du MMSE se sont avérés excellentes (r de Pearson = 0,85). Les patients avaient tendance à avoir un score légèrement plus élevé au test lorsqu’il était administré en personne comparativement qu’au téléphone. Une sensibilité de 67% (en utilisant un bref test de dépistage neurologique) et une spécificité de 100% ont été relevées auprès d’une population d’individus âgés vivant dans la communauté. Ces résultats étaient similaires à la sensibilité (68%) et à la spécificité (100%) relevées pour le dépistage avec le MMSE original.
  • Version de 26 items de l’ALFI-MMSE (T-MMSE) (Roccaforte et al. cité dans Newkirk, Kim, Thompson, Tinklenberg, Yesavage & Taylor, 2004).Le T-MMSE a été développé à partir de l’ALFI-MMSE. Il s’agit d’une adaptation de 26 points, contenant une commande en 3 étapes : « Dites bonjour, donnez un petit coup sur le micro du téléphone à 3 reprises, puis dites : « Je suis de retour » ». Il contient également une nouvelle question qui demande que le patient donne à l’interviewer un numéro de téléphone auquel ils peuvent généralement être joints. Le T-MMSE a obtenu une excellente corrélation avec le MMSE (r = 0,88). Ni la déficience auditive ou les années d’éducation n’ont été associées avec les scores au T-MMSE. Sur les 22 points communs entre les 2 échelles, les scores ont obtenu une excellente corrélation (r = 0,88), toutefois, les scores au téléphone ont tendance à être moins élevés que les scores en en entrevue face à face (Newkirk et al., 2004). Les auteurs fournissent des tables pour la conversion des scores au T-MMSE aux scores du MMSE.

Clientèle cible

Peut être utilisé avec :

  • Les patients ayant subi un AVC (Agrell & Dehlin, 2000; Ozdemir, Birtane, Tabatabaei, Ekuklu, Kokino & Siranus, 2001; Grace et al., 1995; Suhr & Grace, 1999).

Ne devrait pas être utilisé avec :

  • Le MMSE s’est avéré inefficace pour détecter les troubles cognitifs chez les patients avec un AVC au côté droit (Grace et al., 1995).
  • Le MMSE ne convient pas au recours à un proche aidant puisqu’il est administré par une observation directe lors d’exécution de tâches.
  • Puisque le MMSE dépend fortement du langage de l’individu, il est susceptible de classifier de façon erronée les patients présentant de l’aphasie.
  • Le MMSE a une capacité limitée de diagnostiquer la démence en médecine générale et devrait donc être utilisé comme un seul aspect du profil cognitif global d’un patient (Wind, Schellevis, van Staveren, Scholten, Jonker & van Eijk, 1997).
  • Le MMSE a été critiqué pour avoir tenté d’évaluer trop de fonctions par un test aussi bref. La performance d’un individu sur des items individuels, ou dans un seul domaine, peut être plus utile que l’interprétation d’un seul score global (Tombaugh & McIntyre, 1992). Toutefois, lorsqu’il est utilisé pour dépister des problèmes de mémoire visuelle ou verbale, ou des problèmes d’orientation ou d’attention, il n’est pas possible d’identifier des scores seuils acceptables (Blake, McKinney, Treece, Lee & Lincoln, 2002).
  • Il a été démontré que les scores au MMSE sont affectés par l’âge, le niveau d’éducation, l’origine ethnique et le contexte socioculturel (Tombaugh & McIntyre, 1992 ; Bleeker et al., 1988 ; Lorentz et al., 2002 ; Shadlen, Larson, Gibbons, McCormick & Teri, 1999). Ces variables peuvent introduire un biais menant à la classification erronée des individus. Par exemple, les individus très scolarisés qui ont une démence légère peuvent obtenir au MMSE un bon score situé dans la normale, car ils trouvent les questions faciles. De plus, les individus peu scolarisés peuvent avoir de faibles scores au MMSE simplement parce qu’ils trouvent les questions difficiles. Ainsi, le score qu’ils ont obtenu au MMSE pourrait indiquer un diagnostic de démence, alors qu’aucune démence n’est présente. Bien que ces biais ne soient pas toujours présents, Agrell et Dehlin (2000) ont constaté que l’âge et l’éducation n’avaient pas influencé les scores dans leur étude, une attention particulière à ces facteurs est justifiée lors de l’interprétation des résultats au MMSE.
  • Le MMSE s’est avéré avoir un manque au niveau du Clock Drawing Test (Suhr & Grace, 1999). Une autre solution qui a été proposée est d’administrer le Neurobehavorial Cognitive Status Examination (NCSE) au lieu du MMSE. Le NCSE est une mesure très sensible pour détecter les troubles cognitifs chez les patients avec des lésions cérébrales (Schwamm, Van Dyke, Kiernan, Merrin & Mueller, 1997).
  • Il a été démontré que le MMSE manque de sensibilité chez les patients ayant subi un AVC (Blake et al., 2002 ; Suhr et Grace, 1999 ; Nys et al., 2005). D’autres études ont noté de faibles niveaux de sensibilité chez les individus ayant une déficience cognitive légère (Tombaugh et McIntyre, 1992 ; de Koning et al., 1998), et chez les patients avec des lésions de l’hémisphère droit (Dick et al., 1984). Une solution potentielle pour augmenter la sensibilité du MMSE est l’ajout du Test de dessin d’horloge (Suhr & Grace, 1999). Une autre solution qui a été proposée consiste à administrer le Neurobehavioral Cognitive Status Examination (NCSE) au lieu du MMSE. Le NCSE est une mesure très sensible pour détecter la déficience cognitive chez les patients présentant des lésions cérébrales (Schwamm, Van Dyke, Kiernan, Merrin et Mueller, 1997).
  • Da Costa et al. (2010) ont étudié l’évolution cognitive et la gravité clinique de patients analphabètes et scolarisés ayant subi un AVC au cours d’un suivi de 6 mois, en utilisant respectivement le MMSE et la National Institutes of Health Stroke Scale (NIHSS). Une amélioration significative de la gravité clinique, telle que mesurée par la NIHSS, a été observée dans les deux groupes (p < 0,001) ; toutefois, seulement les individus scolarisés ont montré une amélioration significative des scores au MMSE, indiquant une amélioration dans leur fonction cognitive globale (P = 0,008). La scolarité s’est avérée influencer significativement les scores au MMSE.
  • Folstein, Folstein et McHugh (1998) ont noté que le MMSE démontre des effets plafonds marqués chez les plus jeunes individus intacts et des effets planchers marqués chez les individus modérément à sévèrement affectés.

Dans quelles langues la mesure est-elle disponible ?

Afrikaans Néerlandais Anglais israélien Roumain
Arabe Estonien Italien Russe
Espagnol argentin Pilipino Japonais Russe d’Estonie
Néerlandais de Belgique Finnois Kannada Serbe
Français de Belgique Français Coréen Slovaque
Bosnien Allemand d’Autriche Letton Anglais sud-africain
Portugais du Brésil Allemand Lituanien Espagnol
Bulgare Grec Macédonien Suédois
Espagnol chilien Gujarati Malayalam Télougou
Chinois Hébreu Marathi Turc
Croate Hindi Norvégien Anglais britannique
Tchèque Hongrois Polonais Ukrainien
Danois Anglais indien Portugais Ourdou

Les traductions autorisées du MMSE peuvent être obtenues en contactant Custsupp@parinc.com ou en appelant au 1.800.331.8378

Sommaire

Que mesure l’outil ? Les troubles cognitifs
Avec quelles clientèles l’outil peut-il être utilisé ? Alors qu’il était initialement utilisé pour détecter la démence dans un contexte psychiatrique, son utilisation est maintenant répandue et il est disponible avec un tableau en annexe qui permet des normes spécifiques au patient.
Est-ce un outil de dépistage ou d’évaluation ? Dépistage
Temps d’administration L’administration par un interviewer formé prend environ 10 minutes.
Versions Le Modified Mini-Mental State Examination (3MS); 3MS + Dessin d’une horloge; Standardized MMSE (SMMSE); Version téléphonique (ALFI-MMSE); Version de 26 items de l’ALFI-MMSE (T-MMSE)
Langues Afrikaans; anglais; néerlandais; roumain; arabe; estonien; italien; russe; espagnol argentin; pilipino; japonais; russe d’Estonie; néerlandais de Belgique; finnois; kannada; serbe; français de Belgique; français; coréen; slovaque; bosnien; allemand d’Autriche; letton; brésilien; portugais du Brésil; allemand; lituanien; espagnol; bulgare; grec; macédonien; suédois; espagnol chilien; gujarati; malayalam; télougou; chinois; hébreu; marathi; turc; croate; hindi; norvégien; tchèque; hongrois; polonais; ukrainien; danois; portugais; ourdou.
Propriétés psychométriques
Effets plancher/plafond Folstein, Folsten et McHugh (1998) ont signalé que le MMSE présentait des effets de plafond marqués chez les jeunes individus en bonne santé et des effets de plancher marqués chez les personnes avec un trouble cognitif allant de modéré à sévère.
Fidélité Cohérence interne :
Sur neuf études qui ont examiné la cohérence interne du MMSE, trois ont relevé une faible cohérence interne ; une, une cohérence interne adéquate ; deux, une cohérence interne allant de faible à excellente ; deux, une excellente cohérence interne ; une, une excellente cohérence interne chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ; et une, une faible cohérence interne chez les patients ayant une déficience cognitive.

Test-retest :
Sur six études qui ont examiné la fidélité test-retest du MMSE, deux études ont relevé une excellente fidélité test-retest ; une, une fidélité test-retest adéquate ; une, une fidélité test-retest allant d’adéquate à excellente ; une, une fidélité test-retest allant de faible à adéquate ; et une, une faible fidélité test-retest.

Inter-juges :
Sur trois études qui ont examiné la fidélité inter-juges du MMSE, une a relevé une excellente fidélité inter-juges et deux ont relevé une fidélité inter-juges adéquate.

Validité Critère :
Le MMSE peut faire la distinction entre des patients avec la maladie d’Alzheimer et des patients avec une démence fronto-temporale ; il peut faire la distinction entre des patients ayant subi un AVC au niveau de l’hémisphère gauche et ceux ayant subi un AVC à l’hémisphère droit.

Construit :
Concourante :
Le MMSE avait une faible corrélation avec la Mattis Dementia Rating Scale ; des corrélations allant de faibles à excellentes avec le Wechsler Adult Intelligence Test ; une corrélation adéquate avec la Mesure de l’indépendance fonctionnelle ; des corrélations significatives avec la Montgomery Asberg Depression Rating Scale et la Zung Depression Scale.

Prédictive :
Les scores au MMSE se sont avérés être prédictifs de l’amélioration fonctionnelle chez les patients ayant subi un AVC après la réadaptation ; de la destination suite au congé ; du développement d’une dépendance fonctionnelle à un intervalle de suivi de 3 ans ; du niveau d’ambulation ; de la durée du séjour à l’hôpital de patients avec une démence modérée ; du décès.

Est-ce que l’outil est sensible aux changements ? Non applicable.
Acceptabilité Le MMSE est une brève mesure à administrer. Les variables des patients, telles que l’âge, le niveau d’éducation et le contexte socioculturel peuvent affecter les scores sur la mesure. Il est administré par observation directe et il n’est donc pas approprié pour l’utilisation par un proxy.
Faisabilité Aucun équipement spécialisé n’est requis et il s’agit donc d’une mesure très facilement transportable et peu coûteuse. Toutefois, une étude a noté que les médecins trouvent le MMSE trop long et incapable de fournir beaucoup d’informations utiles.
Comment obtenir l’outil ? Le MMSE peut être obtenu auprès du titulaire actuel des droits d’auteur, le Physcological Assessment Ressources (PAR).

Propriétés psychométriques

Résumé

Une revue de littérature a été menée pour identifier toutes les publications pertinentes sur les propriétés psychométriques duMini-Mental State Examination (MMSE).

Effets plancher/plafond

Folstein, Folstein et McHugh (1998) ont relevé que le MMSE démontre des effets plafonds marqués chez les plus jeunes individus intacts et des effets planchers marqués chez les individus avec une atteinte modérée à sévère.

Fidélité

Cohérence interne :
Tombaugh et McIntyre (1992) ont examiné des études publiées au cours des 26 dernières années sur les propriétés psychométriques du MMSE. Dans ses études, la cohérence interne du MMSE allait de faible à excellente avec des coefficients alpha allant de 0,54 à 0,96.

McDowell, Kristjansson, Hill et Hebert (1997) ont examiné la cohérence interne du MMSE utilisé comme un test de dépistage des troubles cognitifs et de la démence. La cohérence interne s’est avérée adéquate (alpha = 0,78).

Holzer, Tischler, Leaf et Myers (1984) ont examiné la prévalence de la démence dans un échantillon de la communauté (n = 4 917). Dans cette étude, la cohérence interne du MMSE s’est révélée être adéquate (alpha = 0,77). La fidélité des items individuels allait de faible (alpha = 0,43 pour l’Orientation) à excellente (alpha = 0,82 pour l’Apprentissage). Les items de Calcul/Attention ont été omis de cette étude.

Kay, Henderson, Scott, Wilson, Rickwood et Grayson (1985) ont effectué une enquête dans la communauté auprès de 274 individus de plus de 70 ans. Les taux de démence ont été mesurés en interviewant les participants avec le MMSE. Dans cette étude, la cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible avec un coefficient alpha correspondant à 0,68.

Foreman (1987) a examiné la fidélité du MMSE auprès de 66 patients de plus de 65 ans hospitalisés en médecine chirurgicale (normaux, déments ou en délirium). Le MMSE a révélé une excellente cohérence interne avec un coefficient alpha correspondant à 0,96.

Jorm, Scott, Henderson et Kay (1988) ont examiné s’il existait un biais dans le MMSE dans le sens où les individus avec moins d’éducation (inférieur ou égal à une huitième année) obtiendraient un moins bon résultat sur la mesure que les individus avec davantage d’éducation (supérieur à une huitième année). Le MMSE a été administré à 269 patients âgés. La cohérence interne a été jugée faible autant dans le groupe le plus scolarisé (alpha = 0,54) que dans le groupe le moins scolarisé (alpha = 0,65).

Albert et Cohen (1992) ont administré le MMSE à 40 personnes âgées avec des troubles cognitifs sévères. La cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible chez les patients avec un score au MMSE ≤ 10 (alpha = 0,56). Toutefois, lorsque les patients représentant l’ensemble des scores au MMSE ont été inclus, la cohérence interne a été relevée comme excellente (alpha = 0,90).

Tombaugh, McDowell, Kristjansson et Hubley (1996) ont comparé les propriétés psychométriques du MMSE au 3MS auprès de participants vivant dans la communauté, âges de 65 à 89 ans. Les participants ont été divisés en deux groupes : un groupe sans troubles cognitifs (n = 406) et un groupe avec la maladie d’Alzheimer (n = 119). La cohérence interne chez les patients avec la maladie d’Alzheimer correspondait à un alpha de 0,81. La cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible dans le groupe sans déficience cognitive (alpha = 0,62) et s’est révélée excellente chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer (alpha = 0,81).

Hopp, Dixon, Grut et Backman (1997) ont administré le MMSE à 44 adultes n’ayant pas de démence et âgés de plus de 75 ans. Dans cet échantillon, la cohérence interne du MMSE s’est avérée faible avec des coefficients alpha allant de 0,31 à 0,52.

Test-retest:
Tombaugh et McIntyre (1992) ont examiné des études publiées au cours des 26 dernières années sur les propriétés psychométriques du MMSE. Ils ont relevé que dans les études ayant un intervalle test-retest < 2 mois, le MMSE présentait une fidélité test-retest allant de faible à excellente avec des coefficients de corrélation allant de 0,38 à 0,99. Vingt-quatre études sur 30 ont relevé une excellente fidélité test-retest (r> 0,75).

Folstein et al. (1975) ont administré le MMSE à 206 patients avec des syndromes de démence, des troubles affectifs, des troubles affectifs avec des troubles cognitifs, de la manie, de la schizophrénie, des troubles de la personnalité, et à 63 témoins en bonne santé. La fidélité test-retest du MMSE, administré à deux reprises en 24 heures, s’est avérée excellente, avec un coefficient de corrélation de Pearson de r = 0,89. Lorsque le MMSE a été administré à des patients souffrant de dépression et de démence, à deux reprises, avec 28 jours d’intervalle, la corrélation s’est également avérée excellente, avec une corrélation de Pearson de r = 0,99.
Note : Les coefficients de corrélation de Pearson sont susceptibles de surestimer la fidélité et le coefficient de corrélation de Spearman n’est plus utilisé pour évaluer la fidélité test-retest.

Schmand, Lindeboom, Launer, Dinkgreve, Hooijer et Jonker (1995) ont examiné la fidélité test-retest du MMSE auprès de personnes saines et âgées, examinées à deux reprises avec un intervalle d’un an entre les évaluations. La fidélité test-retest s’est révélée être adéquate (coefficient de corrélation de Spearman = 0,58). Les résultats de cette étude sont similaires à ceux publiés par O’Connor et al. (1989). Ces résultats suggèrent que le MMSE n’est pas une mesure appropriée pour détecter une déficience cognitive subtile.

Hopp et al. (1997) ont administré le MMSE à 44 adultes n’ayant pas de démence, âgés de plus de 75 ans. La fidélité test-retest pour les intervalles de 6, 12 mois et 18 mois, en utilisant les corrélations de Pearson, variait d’adéquate à excellente (r = 0,56 à r = 0,80).

Olin et Zelinski (1991) ont examiné la fidélité du MMSE dans un intervalle de 12 mois auprès de 57 participants âgés n’ayant pas de démence. De faibles corrélations test-retest à 12 mois ont été relevées pour le score total au MMSE (r = 0,34 lors de l’administration de l’item d’Attention par alternance, r = 0,23 lors de l’administration du même item d’Attention).

Uhlmann, Larson et Buchner (1987) ont également examiné la fidélité test-retest du MMSE avec un intervalle de 12 mois auprès de patients présentant des troubles de démence. Dans cette étude, la fidélité test–retest s’est avérée excellente (r = 0,86).

Mitrushina et Satz (1991) ont examiné la fiabilité test-retest du MMSE auprès de 122 volontaires âgés de 57 à 85 ans, en bonne santé, et vivant dans la communauté. La fidélité test-retest du MMSE s’est avérée adéquate (allant de r = 0,45 à r = 0,50) sur un intervalle d’un an, et faible sur une période de deux ans (r = 0,38).

Intra-juge/inter-juges :
Molloy et Standish (1997) ont examiné la fidélité intra-juge du MMSE en le comparant au SMMSE auprès de 48 personnes âgées. Des étudiants universitaires, qui ont été formés pour administrer le MMSE ou le SMMSE, ont testé les participants à trois reprises afin d’évaluer leur fidélité intra-juge et inter-juges. Un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) adéquate de 0,69 a été relevé pour le MMSE original.

Inter-juges :
Dick et al. (1984) ont examiné la fidélité inter-juges du MMSE chez des patients avec des troubles neurologiques et ont relevé un kappa de 0,63, démontrant la fidélité inter-juges adéquate du MMSE.

Fabrigoule, Lechevallier, Crasborn, Dartigues et Orgogozo (2003) ont examiné la fidélité du MMSE chez des patients susceptibles de développer une démence. Cinquante généralistes et psychologues formés ont examiné les patients. Une différence significative a été relevée sur les scores entre les généralistes et les psychologues pour le MMSE. Le coefficient de corrélation de concordance était de 0,87 entre les évaluations effectuées par les généralistes et celles effectuées par les psychologues.

Dans une étude menée par O’Connor et al. (1989), 5 codeurs ont évalué des entrevues enregistrées auprès de 54 patients de médecine générale âgés de 75 ans et plus. Dans cette étude, la fidélité inter-juges s’est avérée excellente avec une valeur moyenne de kappa de 0,97.

Validité

Critère :

Bien que le MMSE soit généralement considéré comme unidimensionnel, Jones et Gallo (2000) ont identifié 5 facteurs (Concentration, Langage et praxies, Orientation, Mémoire, et Attention) pour soutenir la validité de construit du MMSE en tant que mesure de l’état mental cognitif chez les adultes plus âgés vivant dans la communauté.

Concourante :
Friedl, Schmidt, Stronegger, Fazekas et Reinhart (1996) ont examiné la validité concourante du MMSE et de la Mattis Dementia Rating Scale (MDRS – Mattis, 1976), deux mesures couramment utilisées pour dépister la démence. La validité simultanée entre le MMSE et la MDRS a été jugée faible (r de Pearson = 0,29), de même que les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et de la MDRS (Attention r = 0,18 ; Initiation et persévération r = 0,04 ; Construction r = 0,10 ; Conceptualisation r = 0,17 ; Mémoire à court terme verbale et non verbale r = 0,27).

Folstein et al. (1975) ont administré le MMSE à 206 patients avec des syndromes de démence, des troubles affectifs, des troubles affectifs avec des troubles cognitifs, de la manie, de la schizophrénie, des troubles de la personnalité et à 63 témoins en bonne santé. La validité concourante du MMSE a été examinée en corrélant la mesure avec la Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS – Wechsler, 1955). Les validités concurrentes entre le MMSE et la Wais Verbale (r = 0,78) et la WAIS Performance (r = 0,66) se sont avérées toutes deux excellentes.

Hopp, Dixon, Grut et Backman (1997) ont administré le MMSE et la Wechsler Adult Intelligence Scale-Revised (WAIS-R, Wechsler, 1981) à 44 adultes n’ayant pas de démence et âgés de plus de 75 ans. Les corrélations entre le MMSE et la WAIS-R Verbale se sont avérées adéquates, allant de r = 0,36 à r = 0,52. Les corrélations entre le MMSE et la WAIS-R Performance se sont aussi avérées adéquates, allant de r = 0,37 à r = 0,57. Les corrélations entre le MMSE et les sous-échelles de la WAIS-R allaient de faibles à excellentes (r = 0,20 à r = 0,60). Les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et la WAIS-R se sont avérées généralement inférieures à r = 0,41. La sous-échelle Langage du MMSE a obtenu les corrélations les plus faibles, à la fois avec la WAIS-R Verbal et la WAIS-R Performance. Les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et les sous-échelles de la WAIS-R ont démontré que la sous-échelle Orientation du MMSE a obtenu les corrélations les plus faibles avec toutes les sous-échelles de la WAIS-R (r = 0,001 à r = 0,40).

Tout comme les résultats de Hopp et al. (1997), Dick et al. (1984) ont examiné l’utilité du MMSE pour le dépistage au chevet et l’évaluation en série de la fonction cognitive auprès de 126 patients en neurologie et ont relevé des corrélations adéquates entre le MMSE et la Weschler Adult Intelligence Scale (WAIS) (r = 0,55 pour la WAIS-Verbale ; r = 0,56 pour la WAIS-Performance).

Agrell et Dehlin (2000) ont relevé des corrélations significatives entre les scores au MMSE et l’indice de Barthel (Mahoney & Barthel, 1965), la Montgomery Asberg Depression Rating Scale (MADRS – Montgomery & Asberg, 1979) et la Zung Depression Scale (Zung, 1965).

Diamond, Felsenthal, Macciocci, Butler et Lally-Cassady (1996) ont examiné la relation entre la cognition et la capacité à bénéficier de la réadaptation durant l’hospitalisation auprès de 52 patients admis en réadaptation gériatrique. Le gain fonctionnel a été évalué en utilisant le changement dans le score sur la Mesure de l’Indépendance Fonctionnelle (MIF – Keith, Granger, Hamilton, & Sherwin, 1987), de l’admission jusqu’au moment du congé. Le MMSE ne s’est pas révélé être associé au changement sur le score de la MIF (r = 0,10). Toutefois, le MMSE seul et en association avec l’âge a corrélé adéquatement avec le statut fonctionnel à l’admission (r = 0,58) et au moment du congé (r = 0,49).

Prédictive :
Ozdemir et al. (2001) ont examiné la validité prédictive du MMSE auprès de 43 patients ayant subi un AVC. Les scores totaux du MMSE, au début de l’étude, ont corrélés avec le score Moteur au moment du congé de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (Keith et al., 1987) dans le sens d’une amélioration (r = 0,31). Le sous-score Orientation du MMSE, au début de l’étude, a corrélé significativement avec l’amélioration du score d’Ambulation fonctionnelle, telle que mesurée par la Adapted Patient Evaluation and Conference System functional scale (r = 0,31). Ces résultats suggèrent que les scores totaux du MMSE, au début de l’étude, sont quelque peu prédictifs de l’amélioration fonctionnelle chez les patients ayant subi un AVC après la réadaptation.

Diamond et al. (1996) ont examiné la relation entre la cognition et la capacité de bénéficier de la réadaptation durant l’hospitalisation auprès de52 patients admis en réadaptation gériatrique. Le MMSE s’est révélé être hautement prédictif de la destination lors du congé, de sorte que de faibles scores au MMSE se sont associés à une plus grande probabilité d’un placement en hébergement (r = 0,68). Alors que seulement 8% du quartile supérieur sur le score du MMSE étaient placés en hébergement suite au congé, 62% du quartile inférieur sur le score du MMSE étaient placés en hébergement suite au congé.

Aguero-Torres, Fratiglioni, Guo, Viitanen, von Strauss et Winblad (1998) ont examiné les prédicteurs de dépendance dans les Activités de la vie quotidienne (tels que mesurés par le Katz index of Activities of Daily Living – Katz, Downs, Cash, Grotz, 1970) chez les personnes âgées. Chez les patients n’ayant pas de démence, le MMSE s’est révélé être l’un de meilleurs prédicteurs pour le développement d’une dépendance fonctionnelle à un intervalle de suivi de 3 ans. Les plus faibles scores au MMSE étaient associés avec la dépendance fonctionnelle chez les adultes ayant une démence (OR = 0,8) et chez les adultes n’ayant pas de démence (OR = 0,80). La performance initiale au MMSE a également prédit la dépendance fonctionnelle future et le déclin chez les adultes n’ayant pas de démence (OR = 0,70). Ainsi, indépendamment de la présence d’autres conditions chroniques, le MMSE peut indiquer le statut fonctionnel ultérieur dans la population âgée cognitivement intacte.

Matsueda et Ishii (2000) ont rétrospectivement examiné la relation entre le score au MMSE et le niveau d’ambulation (divisé en trois groupes : dépendant, partiellement dépendant et indépendant) auprès de 162 patients âgés ayant subi une fracture de la hanche. Une relation significative a été relevée entre le score initial au MMSE et le niveau d’ambulation, de sorte que les individus du groupe dépendant ont obtenu le score moyen le plus bas sur le MMSE, soit de seulement 6,6, les individus du groupe partiellement dépendant ont obtenu un score moyen de 17,9, et les individus du groupe indépendant ont obtenu le plus haut score sur le MMSE, soit de 24,6.

Huusko, Karppi, Avikainen, Kautiainen et Sulkava (2000) ont examiné l’effet de la réadaptation gériatrique intensive (groupe d’intervention) en comparaison au traitement reçu dans l’hôpital local (groupe témoin) auprès de patients avec une démence et une fracture de la hanche. Les scores sur le MMSE se sont avérés prédictifs de la durée du séjour à l’hôpital, de sorte que pour les patients avec une démence modérée (score sur le MMSE de 12-17), la durée moyenne de séjour était de 47 jours dans le groupe d’intervention et de 147 jours dans le groupe contrôle. Les patients avec une démence légère (score au MMSE de 18-23) avaient une durée de séjour de 29 jours dans le groupe d’intervention et de 46,5 jours dans le groupe témoin. Aucune différence significative n’a été observée au niveau de la mortalité ou de la durée du séjour à l’hôpital chez les patients avec une démence sévère. Dans le groupe d’intervention, 3 mois après la chirurgie, 91% des patients avec une démence légère et 63% des patients avec une démence modérée vivaient de façon autonome. Dans le groupe témoin, les chiffres correspondants étaient respectivement de 67% et 17%. Les résultats de cette étude suggèrent que le MMSE est associé avec la durée du séjour à l’hôpital et en réadaptation, et que la durée du séjour peut être affectée par l’intervention pour les personnes ayant des troubles cognitifs.

Construit :

Convergente :
Snowden et al. (1999) ont examiné 140 patients qui faisaient partie du Alzheimer’s Disease Patient Registry pour évaluer les propriétés psychométriques d’une nouvelle mesure, le Minimum Data Set (MDS). Les scores de performance cognitive du MDS ont corrélés avec le MMSE. Le MMSE a corrélé adéquatement avec le MDS (r de Spearman = -0,45 – cette corrélation est négative car un faible score au MMSE indique un trouble cognitif, tandis qu’un score élevé au MDS indique une atteinte). Conformément aux études antérieures, le MMSE a obtenu d’excellentes corrélations avec les scores Verbal et Performance de la Weschler Adult Intelligence Scale (WAIS), respectivement, r = 0,78 et r = 0,66.

Discriminante :
Winograd et al. (1994) ont développé le Physical Performance and Mobility Examination, une mesure utilisée pour évaluer 6 domaines du fonctionnement physique et de la mobilité pour les personnes âgées hospitalisées. La validité de construit de cette mesure a été examinée en la comparant au MMSE, aux Activités de la vie quotidienne (AVQ), aux Activités de la vie domestique (AVD – Lawton et Brody, 1969), à l’Échelle de dépression gériatrique (Yesavage et al., 1983), et à la modified Medical Outcomes Study Measure of Physical Functioning (MOS-PFR). Le MMSE a faiblement corrélé avec le Physical Performance and Mobility Examination (r = 0,36), ce qui suggère que ces deux mesures évaluent des construits différents.

Macnight et Rockwood (1995) ont examiné la validité discriminante du MMSE en le comparant à une nouvelle mesure, la Hierarchical Assessment of Balance and Mobility (HABAM), auprès de patients de 65 ans et plus. La validité discriminante a été démontrée, car les deux mesures ont faiblement corrélées (r = 0,15).

Groupes connus :
Wetherell, Darby, Emerson et Miller (1997) ont noté que le MMSE est en mesure de faire la distinction entre les patients avec la maladie d’Alzheimer et les patients avec une démence fronto-temporale.

Kase, Wolf, Kelly-Hayes, Kannel, Beiser et D’Agostino (1998) ont constaté que les scores au début de l’étude (pré-AVC) du MMSE se sont avérés significativement plus faibles chez les patients ayant subi un AVC que ceux de témoins appariés. La différence s’est accentuée lorsque les scores post-AVC ont été comparés. Le MMSE pourrait faire la distinction entre les patients ayant subi un AVC au niveau de l’hémisphère gauche, de ceux ayant subi un AVC à l’hémisphère droit. Chez les patients ayant subi un AVC à l’hémisphère droit, les troubles cognitifs se sont caractérisés par une baisse significative des scores du pré-AVC au post-AVC, spécifiquement dans les domaines de l’Orientation et du Langage. Pour les patients avec un AVC à l’hémisphère gauche, une baisse significative des scores du pré-AVC au post-AVC a été constatée sur quatre des cinq domaines du MMSE, (Concentration, Langage et praxies, Orientation et Attention, à l’exception la Mémoire).

Sensibilité et spécificité

De faibles niveaux de sensibilité, en particulier chez les individus ayant des troubles cognitifs légers, ont été relevés pour le MMSE (Tombaugh & McIntyre, 1992; de Koning et al. 1998) et peuvent être dus à l’importance accordée aux items de langage et au manque d’items pour évaluer les capacités visuo-spatiales (Grace et al. 1995; de Koning et al. 1998; Suhr & Grace, 1999).

Blake et al. (2002) ont examiné la sensibilité et la spécificité du MMSE pour détecter les troubles cognitifs après un AVC. Lorsque le MMSE a été comparé avec les troubles cognitifs, ils ont identifié un seuil optimal de < 24, avec une bonne spécificité (88%) et une sensibilité modérée (62%). Toutefois, il n’était pas possible d’identifier des scores seuils appropriés pour l’utilisation du MMSE pour évaluer la présence de déficits visuels ou de déficits de mémoire verbale.

Nys, van Zandvoort, de Kort, Jansen, Kappelle et de Haan (2005) ont administré le MMSE à 34 patients ayant subi un AVC et 34 témoins en bonne santé. Dans cette étude, aucun score seuil optimal, produisant à la fois une sensibilité supérieure à 80% et une spécificité supérieure à 60%, n’a pu être identifié.

Références

  • Agrell, B., Dehlin, O. (2000). Mini mental state examination in geriatric stroke patients. Validity, differences between subgroups of patients, and relationships to somatic and mental variables. Aging (Milano), 12(6), 439-444.
  • Aguero-Torres, H., Fratiglioni, L., Guo, Z., Viitanen, M., von Strauss, E., Winblad, B. (1998). Dementia is the major cause of functional dependence in the elderly: 3-year follow-up data from population-based
  • study. American Journal of Public Health, 88,1452-1456.
  • Albert, M., Cohen, C. (1992). The test for severe impairment: An instrument for the assessment of patients with severe cognitive dysfunction. J Am Geriatr Soc, 40(5), 449-453.
  • Blake, H., McKinney, M., Treece, K., Lee, E., Lincoln, N. B. (2002). An evaluation of screening measures for cognitive impairment after stroke. Age and Ageing, 31, 451-456.
  • Bleecker, M. L., Bolla-Wilson, K., Kawas, C., Agnew, J. (1988). Age-specific norms for the Mini-Mental State Exam. Neurology, 10, 1565-1568.
  • Crum, R. M., Anthony, J. C., Bassett, S. S., Folstein, M. F. (1993). Population-based norms for the mini-mental state examination by age and educational level. JAMA, 18, 2386-2391.
  • Da Costa, F.A., Bezerra, I.F.D., de Araujo Silva, D.L., de Oliveira, R. & da Rocha, V.M. (2010). Cognitive evolution by MMSE in poststroke patients. International Journal of Rehabilitation Research, 33, 248-253.
  • de Koning, I., van Kooten, F., Dippel, D. W. J., van Harskamp, F., Grobbee, D. E., Kluft, C., Koudstaal, P. J. (1998). The CAMCOG: A useful screening instrument for dementia in stroke patients. Stroke, 29, 2080-2086.
  • Diamond, P. T., Felsenthal, G., Macciocci, S. N., Butler, D. H., Lally-Cassady, D. (1996). Effect of cognitive impairment on rehabilitation outcome. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation, 75(1), 40-43.
  • Dick, J. P., Guiloff, R. J., Stewart, A., Blackstock, J., Bielawska, C., Paul, E. A., Marsden, C. D. (1984). Mini-mental state examination in neurological patients. Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 47, 496-499.
  • Fabrigoule, C., Lechevallier, N., Crasborn, L., Dartigues, J. F., Orgogozo, J. M. (2003). Inter-rater reliability of scales used to measure mild cognitive impairment by general practitioners and psychologists. Current Medial Research and Opinion, 19(7), 603-608.
  • Folstein, M. F., Folstein, S. E., McHugh, P. R. (1975). “Mini-mental state”. A practical method for grading the cognitive state of patients for the clinician. J Psychiatr Res, 12(3), 189-198.
  • Folstein, M. F., Folstein, S. E., McHugh, P. R. (1998). Key papers in geriatric psychiatry. Mini-Mental State: A practical method for grading the cognitive state of patients for the clinician. Int J Geriat Psychiatry, 13(5), 285-294.
  • Folstein, M. F., Folstein, S. E., McHugh, P. R., Fanjiang, G. (2001). Mini-Mental State Examination User’s Guide. Odessa, FL: Psychological Assessment Resources.
  • Folstein, M. F., Robins, L. N., Helzer, J. E. (1983). The Mini-Mental State Examination. Arch Gen Psychiatry, 40(7), 812.
  • Foreman, M. D. (1987). Reliability and validity of mental status questionnaires in elderly hospitalized patients. Nurs Res, 36(4), 216-220.
  • Friedl, W., Schmidt, R., Stronegger, W. J., Fazekas, F., Reinhart, B. (1996). Sociodemographic predictors and concurrent validity of the Mini Mental State Examination and the Mattis Dementia Rating Scale. European Archives of Psychiatry and Clinical Neuroscience, 246(6), 317-319.
  • Grace, J., Nadler, J. D., White, D. A., Guilmette, T. J., Giuliano, A. J., Monsch, A. U., Snow, M. G. (1995). Folstein vs modified Mini-Mental State Examination in geriatric stroke. Stability, validity, and screening utility. Archives of Neurology, 52(5), 477-484.
  • Holzer, C. E., Tischler, G. L., Leaf, P. J., Myers, J. K. (1984). An epidemiologic assessment of cognitive impairment in a community. Research in Community Mental Health, 4, 3-32.
  • Hopp, G. A., Dixon, R. A., Grut, M., Backman, L. (1997). Longitudinal and psychometric profiles of two cognitive status tests in very old adults. J Clin Psychol, 53(7), 673-686.
  • Huusko, T. M., Karppi, P., Avikainen, V., Kautiainen, H., Sulkava, R. (2000). Randomised, clinically controlled trial of intensive geriatric rehabilitation in patients with hip fracture: Subgroup analysis of patients with dementia. British Medical Journal, 321,1107-1111.
  • Jones, R. N., Gallo, J. J. (2000). Dimensions of the Mini-Mental State Examination among community dwelling older adults. Psychological Medicine, 30, 605-618.
  • Jorm, A. F., Scott, R., Henderson, A. S., Kay, K. W. (1988). Educational level differences on the Mini-Mental State: The role of test bias. Psychol Med, 18(3), 727-731.
  • Kase, C. S., Wolf, P. A., Kelly-Hayes, M., Kannel, W. B., Beiser, A., D’Agostino, R. B. (1998). Intellectual decline after stroke: The Framingham study. Stroke, 29, 805-812.
  • Katz, S., Downs, T. D., Cash, H. R., Grotz, R. C. (1970). Index of Activities of Daily Living. The Gerontologist, 1, 20-30.
  • Kay, K. W., Henderson, A. S., Scott, R., Wilson, J., Rickwood, D., Grayson, D. A. (1985). Dementia and depression among the elderly living in the Hobart community: The effect of the diagnostic criteria on the prevalence rates. Psychol Med, 15(4), 771-788.
  • Keith, R. A., Granger, C. V., Hamilton, B. B., Sherwin, F. S. (1987). The functional independence measure: A new tool for rehabilitation. Adv Clin Rehabil, 1, 6-18.
  • Lawton, M. P., Brody, E. M. (1969). Assessment of older people: Self-maintaining and instrumental activities of daily living. Gerontologist, 9, 179-186.
  • Lorentz, W. J., Scanlan, J. M., Borson, S. (2002). Brief screening test for dementia. Can J Psychiatry, 47, 723-733.
  • Macnight, C., Rockwood, K. (1995). A hierarchical assessment of balance and mobility. Age and Ageing, 24(2), 126-130.
  • Mahoney, F. I., Barthel, D. W. (1965). Functional evaluation: The Barthel Index. Md State Med J, 14, 61-5.
  • Matsueda, M., Ishii, Y. (2000). The relationship between dementia score and ambulatory level after hip fracture in the elderly. American Journal of Orthopedics, 29,691-693.
  • Mattis, S. (1976). Mental status examination for organic mental syndrome in the elderly patient. In: Bellak L, Karasu TB, editors. Geriatric Psychiatry. New York: Grune and Stratton, 77-101.
  • McDowell, I., Kristjansson, B., Hill, G. B., Hebert, R. (1997). Community screening for dementia: The Mini Mental State Exam (MMSE) and modified Mini-Mental State Exam (3MS) compared. Journal of Clinical Epidemiology, 50(4), 377-383.
  • Mitrushina, M., Satz, P. (1991). Reliability and validity of the Mini-Mental State Exam in neurologically intact elderly. J Clin Psychol, 47(4), 537-543.
  • Molloy, D. W., Standish, T. I. M. (1997). A guide to the Standardized Mini-Mental State Examination. International Psychogeriatrics, 9(1), 87-94.
  • Montgomery, S. A., Asberg, M. (1979). A new depression scale designed to be sensitive to change. Brit J Psychiat, 134, 382-389.
  • Newkirk, L. A., Kim, J. M., Thompson, J. M., Tinklenberg, J. R., Yesavage, J. A., Taylor, J. L. (2004). Validation of a 26-point telephone version of the Mini-Mental State Examination. Journal of Geriatric Psychiatry and Neurology, 17(2), 81-87.
  • Nys, G. M., van Zandvoort, M. J., de Kort, P. L., Jansen, B. P., Kappelle, L. J., de Haan, E. H. (2005). Restrictions of the Mini-Mental State Examination in acute stroke. Arch Clin Neuropsychol, 20(5), 623-629.
  • O’Connor, D. W., Pollitt, P. A., Hyde, J. B., Fellows, J. L., Miller, N. D., Brooke, C. P., Reiss, B. B. (1989). The reliability and validity of the Mini-Mental State in a British community survey. J Psychiatr Res, 23(1), 87-96.
  • Olin, J.T., Zelinski, E.M. (1991). The 12-month reliability of the Mini-Mental State Examination. Psychological Assessment, 3, 427-432.
  • Ozdemir, F., Birtane, M., Tabatabaei, R., Ekuklu, G., Kokino, S. (2001). Cognitive evaluation and functional outcome after stroke. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation. 80(6), 410-415.
  • Pettigrew, L. C., Thomas, N., Howard, V. J., Veltkamp, R., Toole, J. F. (2000). Low mini-mental status predicts mortality in asymptomatic carotid arterial stenosis. Neurology, 55,30-34.
  • Roccaforte, W. H., Burke, W. J., Bayer, B. L., Wengel, S. P. (1992). Validation of a telephone version of the mini-mental state examination. J Am Geriatr Soc, 40(7), 697-702.
  • Ruchinskas, R. A., Curyto, K. J. (2003). Cognitive screening in geriatric rehabilitation. Rehab Psychol, 48, 14-22.
  • Schmand, B., Lindeboom, J., Launer, L., Dinkgreve, M., Hooijer, C., Jonker, C. (1995). What is a significant score change on the Mini-Mental State Examination? International Journal of Geriatric Psychiatry, 10, 411-414.
  • Schwamm, L. H., Van Dyke, C., Kiernan, R. J., Merrin, E. L., Mueller, J. (1987). The Neurobehavioral Cognitive Status Examination: Comparison with the Cognitive Capacity Screening Examination and the Mini-Mental State Examination in a neurosurgical population. Ann Intern Med, 107(4), 486-491.
  • Shadlen, M. F., Larson, E. B., Gibbons, L., McCormick, W. C., Teri, L. (1999). Alzheimer’s disease symptom severity in Blacks and Whites. Journal of the American Geriatrics Society, 47,482-486.
  • Snowden, M., McCormick, W., Russo, J., Srebnik, D., Comtois, K., Bowen, J., Teri, L., Larson, E. B. (1999). Validity and responsiveness of the Minimum Data Set. Journal of the American Geriatrics Society, 47(8), 1000-1004.
  • Suhr, J. A., Grace, J. (1999). Brief cognitive screening of right hemisphere stroke: Relation to functional outcome. Arch Phys Med Rehabil, 80(7), 773-776.
  • Teng, E. L., Chui, H. C. (1987). The Modified Mini-Mental State (3MS) examination. J Clin Psychiatry, 48(8), 314-318.
  • Tombaugh, T. N., McIntyre, N. J. (1992). The mini-mental state examination: A comprehensive review. J Am Geriatr Soc, 40(9), 922-935.
  • Tombaugh, T. N., McDowell, I., Kristjansson, B., Hubley, A. M. (1996). Mini-Mental State Examination (MMSE) and the modified MMSE (3MS): A psychometric comparison and normative data. Psychol Assess, 8(1), 48-59.
  • Uhlmann, R. F., Larson, E. B., Buchner, D. M. (1987). Correlations of Mini-Mental State and modified Dementia Rating Scale to measures of transitional health status in dementia. J Gerontol, 42(1), 33-36.
  • Wechsler, D. (1981). Wechsler Adult Intelligence Scale-Revised: Test. New York: Harcourt Brace
  • Wechsler, D. (1955). Manual for the Wechsler Adult Intelligence Scale. New York: The Psychological Corporation.
  • Wetherell, M., Darby, A., Emerson, K., & Miller, B. L. (1997). Mini- Mental State Examination performance in Alzheimer’s disease and frontotemporal dementia. International Journal of Rehabilitation and Health, 3,253-265.
  • Wind, A. W., Schellevis, F. G., van Staveren, G., Scholten, R. J. P. M., Jonker, C., van Eijk, J. M. (1997). Limitations of the mini-mental state examination in diagnosing dementia in general practice. International Journal of Geriatric Psychiatry, 12(1), 101-108.
  • Winograd, C. H., Lemsky, C. M., Nevitt, M. C., Nordstrom, T. M., Stewart, A. L., Miller, C. J., Bloch, D. A. (1994). Development of a physical performance and mobility examination. J Am Geriatr Soc, 42(7), 743-749.
  • Yesavage, J. A., Brink, T. L., Rose, T. L., Lum, O., Huang, V., Adey, M. B., Leirer, V. O. (1983). Development and validation of a geriatric depression screening scale: A preliminary report. Journal of Psychiatric Research, 17, 37-49.
  • Zung, W. W. K. (1965). A self-rating depression scale. Arch Gen Psychiatry, 12, 63-70.

Voir la mesure

Comment obtenir le MMSE ?

Le Mini-Mental State Examination (MMSE) peut être obtenu auprès du titulaire actuel des droits d’auteur, le Physcological Assessment Ressources (PAR).

Table des matières
Votre opinion