Biofeedback – membre supérieur

Évidence révisées en date du 26-10-2010
Auteur(s)* : Robert Teasell, MD ; Norine Foley, BASc ; Sanjit Bhogal, MSc ; Jamie Bitensky, MSc OT ; Mark Speechley, MD ; Nicol Korner-Bitensky, PhD OT
Information aux patients/familles Table des matières

Introduction

Pratiqué en clinique depuis les années 70, le biofeedback (BFB) est devenu un traitement courant dans la réadaptation des patients ayant subi un AVC. La régulation normale du tonus musculaire est souvent perturbée après un AVC en raison des dommages causés aux centres nerveux principaux. Ces dommages peuvent avoir comme conséquence une diminution du fonctionnement musculaire. Certaines voies motrices qui sont souvent inutilisées peuvent avoir été épargnées lors de l’AVC et le patient est capable de fonctionner correctement s’il apprend à les utiliser à l’aide du biofeedback électromyographique (BFB-EMG). L’utilisation du BFB-EMG comme moyen de traitement efficace pour les membres supérieurs et inférieurs hémiparétiques a été étudiée. On s’est en effet aperçu que le membre supérieur hémiparétique était la cause principale d’incapacité fonctionnelle après un AVC, les activités importantes de la vie quotidienne (AVQ) étant lourdement affectées (p. ex. l’alimentation et l’habillage).

Information aux patients/familles

Auteurs : Marc-André Roy, MSc.; Geoffroy Hubert BSc. Lic. K.

Qu’est-ce que le biofeedback pour les membres supérieurs?

Un AVC peut endommager les nerfs du système nerveux central et perturber le tonus musculaire. Ceci peut empêcher vos muscles de fonctionner convenablement. Avec le biofeedback électromyographique (BFB-EMG), vous pouvez prendre conscience de la contraction ou du relâchement de vos muscles. L’électromyographie (EMG) est faite avec un appareil comportant un ensemble d’électrodes placées sur la peau; les électrodes permettent de détecter les signaux électriques produits quand le muscle se contracte sous la peau à cet endroit. Ce signal électrique produit un feedback (rétroaction) visuel ou auditif quand votre muscle se contracte et indique l’intensité de la contraction musculaire. Ce feedback peut aider votre rééducation en vous permettant de contracter ou de détendre vos muscles à volonté afin d’augmenter le contrôle musculaire volontaire.

Est-ce que cela fonctionne pour les AVC?

Les recherches ont montré que l’hémiparésie du membre supérieur est la cause principale d’incapacité fonctionnelle après un AVC. Par exemple, les activités de la vie quotidienne (AVQ) sont lourdement affectées (p. ex. l’alimentation et l’habillage). Le biofeedback (BFB) est devenu un traitement couramment utilisé dans la réadaptation des patients ayant subi un AVC. La régulation normale du tonus musculaire est souvent perturbée après un AVC en raison des dommages causés aux centres nerveux principaux. Ces dommages peuvent avoir comme conséquence une diminution du fonctionnement musculaire. Certaines voies motrices qui sont souvent inutilisées peuvent avoir été préservées lors de l’AVC et le patient est capable de fonctionner correctement s’il apprend à les utiliser à l’aide du biofeedback électromyographique (BFB-EMG). Des études ont analysé l’effet des traitements de biofeedback dans la rééducation après un AVC et plus spécifiquement : la dextérité manuelle, la fonction des membres supérieurs et l’amplitude de mouvement. On ne peut dire de façon sûre que le biofeedback est efficace pour améliorer la fonction du membre supérieur après un AVC. Mais on sait qu’il n’est pas efficace pour améliorer la dextérité manuelle et l’amplitude de mouvement du membre supérieur. Cependant, lors de l’évaluation de suivi, on a constaté qu’il n’est pas efficace d’utiliser le biofeedback pour améliorer la fonction du membre supérieur.

Qui prodigue cette intervention ?

Le biofeedback pour le membre supérieur est habituellement exécuté par un physiothérapeute. La plupart des centres de réadaptation et des cliniques privées sont équipées pour donner des traitements d’EMG.

Information aux cliniciens

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé.

Six études, quatre ECR de haute qualité et deux de qualité acceptable, ont examiné l’effet des traitements de biofeedback dans la rééducation après un AVC. Les études ont examiné plus spécifiquement l’efficacité du biofeedback sur la dextérité manuelle, la fonction des membres supérieurs et l’amplitude de mouvement.

Tableau des résultats

Pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement)

Résultats

Amplitude de mouvements
Inefficace
1b

Deux ECR ont étudié l’efficacité du biofeedback pour améliorer l’amplitude de mouvement du membre supérieur après un AVC. Un ECR de haute qualité (Hurd et al. 1980) a investigué la relation entre le biofeedback et l’amplitude de mouvement avec des mesures d’amplitude active de mouvement et d’activité musculaire du membre supérieur. Aucune différence significative n’a été notée. Un ECR de qualité acceptable (Greenberg and Fowler, 1980) a aussi examiné l’utilisation de méthodes ayant recours au biofeedback pour améliorer l’amplitude de mouvement active du coude. Aucune amélioration significative n’a été relevée dans les deux groupes.

Conclusion : Il existe des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable affirmant que le biofeedback n’est pas efficace pour améliorer l’amplitude de mouvement du membre supérieur après un AVC.

Dextérité manuelle
Inefficace
1A

Deux ECR de haute qualité ont investigué la relation entre les traitements utilisant le biofeedback et la dextérité manuelle après un AVC. Dans le premier, Basmajian et al. (1982) ont examiné la dextérité manuelle et le biofeedback en utilisant le Minnesota Rate of Manipulation test. Aucune amélioration de la dextérité manuelle n’a été notée pour les deux groupes. Ces résultats ont été confirmés par un autre ECR de haute qualité (Basmajian et al. 1987) qui a aussi examiné les traitements utilisant le biofeedback pour rééduquer la dextérité manuelle. Les résultats ont été semblables à ceux de l’étude précédente, à savoir qu’aucune différence significative n’a été relevée lors de l’utilisation du Finger Oscillation Test comme mesure de la dextérité manuelle.

Conclusion : Il existe de fortes données probantes (niveau 1a) issues de deux ECR de haute qualité affirmant que les traitements utilisant le biofeedback ne sont pas efficaces pour améliorer la dextérité manuelle post-AVC.

Fonction du membre supérieur
Contradictoires
4

Trois ECR de haute qualité et un de qualité acceptable ont étudié la relation entre le traitement avec biofeedback et la fonction du membre supérieur après un AVC.

Deux études, Basmajian et al. (1987) et Basmajian et al. (1982) ont examiné les effets du biofeedback comparé à la physiothérapie en utilisant l’approche biofeedback. Aucune différence significative n’a été observée lors de l’évaluation avec le Upper Extremity Function Test. Des résultats similaires ont été mis en évidence par une étude à peu près semblable de Prevo et al. (1982) en utilisant un test fonctionnel non standardisé comme moyen d’évaluation.

Un ECR de haute qualité (Crow et al. 1989) a comparé l’utilisation du biofeedback EMG pour feindre le biofeedback. Le groupe expérimental a eu de bien meilleurs résultats à l’Action Research Arm Test et au Brunnstrom-Fugl Meyer Test. Toutefois les résultats n’ont pu être maintenus lors du suivi.

Conclusion : Il y a un manque de concordance dans les données probantes (niveau 4) issues de trois ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable indiquant que le biofeedback est efficace pour améliorer la fonction du membre supérieur après un AVC. Cependant, lors du suivi, il y a de fortes preuves démontrant que le biofeedback n’est pas efficace pour améliorer la fonction de la main.

Références

Basmajian JV, Gowland CA, Finlayson MA, Hall AL, Swanson LR, Stratford PW, Trotter JE, Brandstater ME. (1987). Stroke treatment: comparison of integrated behavioral-physical therapy vs traditional physical therapy programs. Arch Phys Med Rehabil, 68 (5 Pt 1), 267-272.

Basmajian, Gowland, Brandstater, Swanson, Trotter (1982). EMG feedback treatment of upper limb in hemiplegic stroke patients: a pilot study. Arch Phys Med Rehabil, 63(12), 613-616.

Crow, Lincoln, Nouri, De Weerdt (1989). The effectiveness of EMG biofeedback in the treatment of arm function after stroke. Int Disabil Stud, 11, 155-160.

Greenberg, Fowler (1980). Kinesthetic biofeedback: a treatment modality for elbow range of motion in hemiplegia. Am J Occup Ther, 34(11), 738-743.

Hurd, Pegram, Nepomuceno. (1980). Comparison of actual and simulated EMG biofeedback in the treatment of hemiplegic patients. Am J Phys Med, 59(2), 73-82.

Prevo, Visser, Vogelaar (1982). Effect of EMG feedback on paretic muscles and abnormal co-contraction in the hemiplegic arm, compared with conventional physical therapy. Scand J Rehabil Med, 14(3), 121-131.

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