Stimulation électrique fonctionnelle – épaule hémiplégique

Évidence révisées en date du 29-10-2010
Auteur(s)* : Marc-André Roy, MSc ; Nicol Korner-Bitensky, PhD ; Robert Teasell, MD ; Norine Foley, BASc ; Sanjit Bhogal, MSc ; Jamie Bitensky, MScOT ; Mark Speechley, MD
Information aux patients/familles Table des matières

Introduction

La Stimulation Électrique Fonctionnelle (SEF), aussi appelée Stimulation Fonctionnelle Neuromusculaire (SFN) ou tout simplement stimulation électrique (SE), est une modalité utilisée pour assister ou remplacer les contractions musculaires volontaires pendant des activités fonctionnelles en appliquant un courant électrique de faible intensité sur les nerfs qui contrôlent les muscles ou directement sur la plaque motrice du muscle (comme un stimulateur fait battre le muscle cardiaque).

Le terme SEF est utilisé généralement pour décrire la stimulation électrique utilisée comme modalité de traitement en cas de perte de fonction, de douleur, de spasticité et de subluxation de l’épaule après un AVC. Les lignes directrices américaines pour la rééducation des AVC (AHCPR) Post Stroke Rehabilitation Guidelines (site internet en anglais) définissent la SEF comme des décharges de stimulation électrique appliquées aux nerfs ou aux muscles affectés après l’AVC, dans le but de renforcer la contraction du muscle et d’améliorer le contrôle moteur.

La Stimulation Neuromusculaire Électrique, ou tout simplement stimulation électrique (SE), est une modalité utilisée pour renforcer les muscles. La SE peut être considérée comme une SEF quand une contraction musculaire est facilitée pendant une activité fonctionnelle.

Malgré l’utilisation des trois termes dans la littérature (SEF, SNF et SE), la stimulation électrique de l’épaule hémiplégique est appliquée sur le sus-épineux et le deltoïde. Donc, ce module comprend les modalités qui produisent une contraction musculaire des muscles de la coiffe des rotateurs. La TENS ainsi que les autres stimulations électriques thérapeutiques qui ne produisent pas de contraction musculaire sont étudiées dans d’autres modules.

Théoriquement, la SEF devrait aider à compenser les muscles flasques de l’épaule, qui à leur tour devraient réduire le risque de subluxation de l’épaule, par des contractions musculaires involontaires. L’efficacité de la SEF pour améliorer la motricité, le tonus, l’activité EMG, la réduction de la douleur et de la subluxation est étudiée dans le présent module.

Information aux patients/familles

Auteurs : Marc-André Roy, MSc; Geoffroy Hubert BSc. Lic. K.

Qu’est-ce que la Stimulation Électrique Fonctionnelle (SEF) ?

Le terme SEF est utilisé pour décrire une technique utilisée pour faire bouger le muscle en utilisant un courant électrique. Ceci pourrait paraître bizarre ou peu naturel pour certains, mais il faut mentionner que le corps produit des courants électriques pour permettre aux muscles de bouger! Pour que ceci ce produise, le cerveau envoie ces courants par les nerfs. Les nerfs transmettent le message aux muscles et ensuite le muscle raccourcit.

La SEF fonctionne d’une façon très semblable. On applique le courant à la surface de la peau sur le nerf ou sur le muscle pour produire une contraction musculaire (le muscle raccourcit). Donc, les personnes paralysées par des blessures au cou ou au dos pourraient être capable de bouger leurs muscles et peut-être même de marcher grâce à la SEF.

Par contre, ce module examine la SEF utilisée pour une raison différente. Les AVC amènent souvent des pertes de fonction, de la douleur, de la spasticité (raideur) et la subluxation de l’épaule (épaule déboîtée). Ce module d’Info AVC décrit l’utilisation de la SEF appliquée sur l’épaule dans l’objectif de réduire les effets d’un AVC.

Il existe aussi des sortes de stimulations électriques qui ne produisent pas de contractions musculaires. Elles sont décrites dans une autre section (voir TENS).

Y a-t-il différentes sortes ?

Malgré l’utilisation de différents termes (stimulation électrique fonctionnelle, stimulation neuromusculaire fonctionnelle et stimulation électrique), le but est le même : faire contracter les muscles de l’épaule pour augmenter la fonction et diminuer la douleur, la spasticité (raideur) et les subluxations (épaule déboîtée). Différents termes sont souvent employés pour décrire la même technique.

Pourquoi utiliser la SEF sur l’épaule suivant un AVC ?

La perte de fonction de l’épaule, la douleur, la spasticité, la subluxation et la douleur de l’épaule suivant un AVC sont courants suivant un AVC et influencent profondément la qualité de vie. La SEF est utilisée pour augmenter la fonction de l’épaule et pour diminuer la douleur chez les patients hémiplégiques ayant subi un AVC.

Est-ce que ça fonctionne pour les AVC ?

La recherche a démontré comment la SEF peut aider les patients ayant subi un AVC qui ont une épaule hémiplégique :

  • Fonction musculaire : Il y a des données probantes limitées indiquant que la SEF en combinaison avec la physiothérapie régulière peut améliorer la fonction musculaire. Il y a des données probantes modérées affirmant que la SEF n’empêche pas la perte de fonction de l’épaule à la suite d’un AVC.
  • Subluxation de l’épaule : Il y a des données probantes limitées confirmant que la SEF améliore et prévient la subluxation de l’épaule suivant un AVC. Il y a des données probantes conflictuelles quant à savoir s’il y a un effet durable après la fin des traitements.
  • Douleur de l’épaule : Il y a des données probantes modérées indiquant que la SEF ne réduit pas la douleur de l’épaule suivant un AVC lorsqu’il y a une subluxation de l’épaule.
  • Tonus musculaire de l’épaule : Il y a des données probantes limitées indiquant que les traitements de SEF en combinaison avec la physiothérapie conventionnelle peuvent améliorer le tonus de l’épaule chez les patients ayant subi un AVC.
  • Activité EMG de l’épaule : Il y a des données probantes limitées indiquant que les traitements des SEF en combinaison avec la physiothérapie conventionnelle peuvent améliorer l’activité EMG de l’épaule chez les patients ayant subi un AVC.

À quoi devrais-je m’attendre ?

De petits autocollants carrés (électrodes) sont placés au centre de la masse musculaire. Des fils électriques sont reliés à un stimulateur, une petite machine qui produit le courant. La stimulation débute généralement à un niveau bas, causant une sensation de picotement sur la peau. Le courant est augmenté graduellement après chaque stimulation afin d’atteindre un niveau assez fort pour produire une contraction musculaire. Ce niveau (le plus petit courant nécessaire pour produire une contraction musculaire) sera utilisé pour le traitement. Bien que certaines personnes trouvent le courant désagréable, il est en général bien toléré. La durée du traitement peut varier. Par contre, le temps est généralement divisé en 3 à 5 séances d’une durée de 45 minutes à 2 heures, 5 à 7 jours par semaine.

Effets secondaires/risques ?

Les électrodes peuvent irriter la peau, mais c’est plutôt rare. L’utilisation d’électrodes hypoallergéniques ou le changement de type de stimulation peut souvent résoudre ce problème. Après le traitement, il peut y avoir des traces roses sur la peau sous les électrodes. Généralement, les traces roses disparaissent en l’espace d’une heure. Dans de très rares cas, ce type de thérapie peut augmenter la spasticité (raideur musculaire).

Certaines personnes ne devraient pas utiliser la SEF, entre autres les personnes qui ont de l’épilepsie, une peau en mauvais état, une hypersensibilité à la stimulation électrique, le cancer, un stimulateur cardiaque.

Qui donne le traitement ?

Habituellement, les physiothérapeutes donnent les traitements de SEF. Par contre, à cause de la longue durée de la stimulation, il est possible que le traitement soit fait à la maison après un congé de l’hôpital. Il faut avoir un stimulateur à la maison.

Combien de traitements ?

Certains patients continuent la SEF pendant plusieurs années. Pour maximiser les avantages suivant un AVC, la SEF devrait être utilisée pendant un minimum de 6 semaines.

Quel est le coût des traitements ? Est-ce que les assurances remboursent les traitements ?

Même si le prix des machines de SEF varie, certains systèmes sont relativement dispendieux. La location ou les conventions de bail avec option réduisent le coût à l’équivalent d’une ou deux visites par mois à la clinique.

La SEF est-elle pour moi ?

Même s’il existe peu d’études de haute qualité de SEF pour traiter les épaules hémiplégiques, la plupart d’entre elles ont rapporté de bons résultats. Plus spécifiquement, la SEF améliore la fonction, réduit la subluxation, diminue la douleur, réduit le tonus et augmente l’activité EMG.

Information aux cliniciens

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé.

Cinq études (deux ECR de haute qualité et trois ECR de qualité acceptable) ont exploré l’utilisation de la Stimulation Électrique Fonctionnelle (SEF) pour la rééducation de l’épaule post-AVC. Ces études ont relevé des améliorations significatives de la motricité, du tonus musculaire et de l’activité EMG ainsi qu’une réduction du nombre de subluxations de l’épaule.

Tableau des résultats

Pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement)

Résultats

Activité EMG de l’épaule
Efficace
2A

Un ECR de qualité acceptable, documenté en deux publications (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997), a étudié l’effet de la SEF pour améliorer l’activité électromyographique (EMG) de l’épaule hémiplégique de patients en phase aiguë post-AVC.

Cet ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997) a assigné aléatoirement 26 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait de 1.5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements de physiothérapie habituels. À 5 semaines de traitement et après l’intervention, il y avait une différence significative en faveur du groupe SEF au niveau de l’activité EMG de l’épaule. Cette différence ne s’est toutefois pas maintenue à 6 semaines de suivi, cependant, elle a retrouvé sa valeur significative, toujours en faveur du groupe d’intervention, à 12 semaines de suivi (Faghri and Rodgers, 1997).

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable qui indiquent que les traitements de SEF, combinés aux traitements de physiothérapie habituels, sont plus efficaces qu’une stimulation simulée combinée à la physiothérapie habituelle pour améliorer l’activité EMG de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Circonférence du bras
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Linn et al., 1999) et un ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994) ont examiné l’utilisation de la SEF pour maintenir la circonférence du bras chez des patients en phase aiguë post-AVC.

L’ECR de haute qualité (Linn et al. 1999) a examiné l’utilisation de la SEF pour maintenir la circonférence du bras chez 40 patients en phase aiguë post-AVC. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait des stimulations quatre fois par jour durant 4 semaines, ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. Après l’intervention, et à 8 semaines et 3 mois de suivi, il n’y avait aucune différence significative entre les groupes sur la mesure de la circonférence du bras.

L’ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994) a examiné l’utilisation de la SEF pour maintenir la circonférence du bras chez 26 patients en phase aiguë post-AVC. Ces patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait de 1,5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements de physiothérapie habituels. Après les 6 semaines de traitements, et à 6 semaines de suivi, il n’y avait pas de différence significative entre les groupes sur la mesure de la circonférence du bras.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable qui indiquent que la SEF combinée aux traitements habituels de réadaptation n’est pas plus efficace que la réadaptation habituelle (seule ou combinée à des stimulations simulées) pour maintenir la circonférence du bras chez des patients en phase aiguë post-AVC.

Déficience à l’épaule
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a examiné l’effet de la SEF appliquée à l’épaule hémiplégique pour améliorer les déficiences à l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Cet ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a assigné aléatoirement 176 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait, pendant 4 semaines, trois traitements quotidiens de SEF d’une durée de 1 heure (appliqués à l’épaule) ou à un groupe témoin qui recevait des traitements simulés. Les deux groupes recevaient également les traitements habituels de réadaptation. La déficience à l’épaule a été mesurée par le Frenchay Arm Test et la section Arm du Motricity Index. Au suivi de 4 semaines après l’intervention, il n’y avait aucune différence significative entre les groupes aux deux mesures de déficience à l’épaule, cependant, à 3 mois, une différence significative a été notée en faveur du groupe témoin qui a démontré une plus grande réduction des déficiences à l’épaule comparé au groupe SEF.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité indiquant que la SEF combinée aux traitements habituels de réadaptation n’est pas plus efficace qu’une stimulation simulée combinée à des traitements habituels pour améliorer les déficiences à l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Douleur à l’épaule (avec subluxation)
Efficace
2A

Deux ECR de qualité acceptable; un documenté en deux publications (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997), l’autre sous la responsabilité de Chantraine et al., 1999, ont examiné l’effet de la SEF pour améliorer la douleur liée à une subluxation de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Deux ECR de qualité acceptable; un documenté en deux publications (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997), l’autre sous la responsabilité de Chantraine et al., 1999, ont examiné l’effet de la SEF pour améliorer la douleur liée à une subluxation de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Le premier ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997) a assigné aléatoirement 26 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait de 1.5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements de physiothérapie habituels. Après 6 semaines de traitement, il y avait une différence significative en faveur du groupe SEF (comparé au groupe témoin) au niveau de la douleur à l’épaule (réduction de la douleur) telle que mesurée avec l’aide d’un goniomètre. Cette différence s’est maintenue au suivi de 6 et de 12 semaines (Faghri and Rodgers, 1997).

Le second ECR de qualité acceptable (Chantraine et al., 1999) a assigné aléatoirement 120 patients en phase aiguë post-AVC avec subluxation (évaluée par radiographie) à un groupe SEF qui recevait des séances de stimulation appliquée au membre affecté (séances de 130 minutes dans la première semaine en augmentant de 5 minutes chaque semaine pendant 5 semaines), ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient également des thérapies habituelles selon l’approche Bobath. À 3, 6, 12 et 24 mois après l’intervention, le groupe SEF avait significativement réduit la douleur à l’épaule (telle que mesurée par une échelle visuelle analogue à 10 points) comparé au groupe témoin.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant de deux ECR de qualité acceptable qui indiquent que les traitements de SEF, combinés aux traitements habituels, sont plus efficaces que les thérapies habituelles (seules ou combinées à une stimulation simulée) pour réduire la douleur liée à une subluxation de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Douleur à l’épaule (sans subluxation)
Inefficace
1A

Deux ECR de haute qualité (Linn et al., 1999, Church et al., 2006) ont examiné l’effet de la SEF pour améliorer la douleur à l’épaule de patients sans subluxation en phase aiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Linn et al. 1999) a examiné l’utilisation de la SEF pour améliorer la douleur l’épaule (échelle de la douleur à 5 points) chez 40 patients sans subluxation de l’épaule en phase aiguë post-AVC. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe qui recevait des stimulations quatre fois par jour durant 4 semaines, ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. À 4 semaines (immédiatement après l’intervention), à 8 semaines et à 3 mois de suivi, il n’y avait aucune différence significative entre les groupes sur l’échelle de la douleur à 5 points.

Le second ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a examiné l’effet de la SEF appliquée à l’épaule hémiplégique pour améliorer la douleur à l’épaule (douleur au membre supérieur évaluée par une échelle visuelle analogue) de 176 patients sans subluxation en phase aiguë post-AVC. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait, pendant 4 semaines, trois traitements quotidiens de SEF d’une durée de 1 heure (appliqués à l’épaule), ou à un groupe témoin qui recevait des traitements simulés. Les deux groupes recevaient également les traitements habituels de réadaptation. Après 4 semaines d’intervention, et à 3 mois, il n’y avait aucune différence significative entre les groupes au niveau de la douleur au membre supérieur.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) issues de deux ECR de haute qualité indiquant que la SEF combinée aux traitements habituels de réadaptation n’est pas plus efficace que la réadaptation habituelle (seule ou combinée à des stimulations simulées) pour améliorer la douleur à épaule sans subluxation de patients en phase aiguë post-AVC.

État de santé globale
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a examiné l’effet de la Stimulation Électrique Fonctionnelle (SEF) appliquée à l’épaule hémiplégique pour améliorer l’état de santé globale de patients en phase aiguë post-AVC.

Cet ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a assigné aléatoirement 176 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait, pendant 4 semaines, trois traitements quotidiens de SEF d’une durée de 1 heure (appliqués à l’épaule) ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements habituels de réadaptation. L’état de santé globale a été mesuré par le Nottingham E-ADL Index et le Nottingham Health Profile; aucune différence significative entre les groupes n’a été observée à 3 mois.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité indiquant que la SEF combinée aux traitements habituels de réadaptation n’est pas plus efficace qu’une stimulation simulée combinée à des traitements habituels pour améliorer l’état de santé globale de patients en phase aiguë post-AVC.

Mesure préventive pour la fonction de l’épaule
Inefficace
1B

Un ECR de haute qualité (Linn et al. 1999) a examiné l’utilisation de la stimulation électrique (SEF) comme mesure préventive pour la perte de fonction de l’épaule chez 40 patients sans subluxation de l’épaule. Aucune différence significative n’a été relevée au niveau de la fonction motrice pour les patients qui recevait des traitements de SEF et la réadaptation habituelle comparés à ceux qui recevaient seulement la réadaptation habituelle, telle que mesurée par la section Upper arm du Motor Assessment Scale.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité qui indiquent que la SEF ne prévient pas la perte de fonction de l’épaule post-AVC.

Mesure préventive pour la subluxation de l’épaule
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Linn et al., 1999) a examiné l’effet de la (SEF) pour prévenir la subluxation de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Cet ECR de haute qualité (Linn et al., 1999) a assigné aléatoirement 40 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait des stimulations quatre fois par jour durant 4 semaines, ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. Immédiatement après l’intervention, le groupe SEF avait significativement moins de subluxation (telle qu’évaluée par radiographie) et de douleur comparé au groupe témoin, cependant, aucune différence significative entre le groupes n’a été maintenue au moment du suivi (8 semaines et 3 mois).

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) issues d’un ECR de haute qualité indiquant que la SEF combinée aux thérapies habituelles est plus efficace que la thérapie habituelle seule pour prévenir la subluxation de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC, cependant, les améliorations obtenues n’ont pas été maintenus au moment du suivi.

Subluxation de l’épaule hémiplégique
Efficace
1B

Un ECR de haute qualité (Linn et al. 1999) a examiné l’utilisation de la SEF pour prévenir la subluxation de l’épaule chez les patients sans subluxation de l’épaule. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait des stimulations quatre fois par jour durant 4 semaines combinées à l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. Le groupe témoin ne recevait que l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. Le groupe SEF avait significativement moins de subluxation et de douleur après la période d’intervention. Cependant, aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée au suivi (8 semaines).

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité qui indiquent que la SEF aide à prévenir la subluxation de l’épaule post-AVC. Cependant, il n’y a aucune donnée probante démontrant la durabilité de l’effet.

Tonus musculaire de l’épaule
Inefficace
2A

Un ECR de qualité acceptable, documenté en deux publications (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997), a examiné l’effet de la SEF pour améliorer le tonus musculaire de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Cet ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997) a assigné aléatoirement 26 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait de 1.5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements de physiothérapie habituels. De 2 à 4 semaines de traitement et après l’intervention, il y avait une différence significative en faveur du groupe SEF comparé au groupe témoin au niveau du tonus musculaire de l’épaule tel que mesuré par le Modified Gross Clinical Scales et le Modified Ashworth Clinical Scale. Cette différence ne s’est toutefois pas maintenue à 6 semaines de suivi, cependant, elle a retrouvé sa valeur significative, toujours en faveur du groupe d’intervention, à 12 semaines de suivi (Faghri and Rodgers, 1997).

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable qui indiquent que les traitements de SEF, combinés aux traitements de physiothérapie habituels, sont plus efficaces qu’une stimulation simulée combinée à la physiothérapie habituelle pour améliorer le tonus musculaire de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Traitement de la fonction de l’épaule
Inefficace
1A

Deux ECR de haute qualité (Church et al., 2006, Linn et al., 1999) et deux ECR de qualité acceptable; un documenté en deux publications (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997), l’autre sous la responsabilité de Chantraine et al., 1999, ont examiné l’utilisation de la FES pour améliorer la fonction de l’épaule chez des patients en phase aiguë post-AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Church et al., 2006) a examiné l’effet de la SEF appliquée à l’épaule hémiplégique pour améliorer la fonction de l’épaule (mesurée par le Action Research Arm TestARAT) de 176 patients en phase aiguë post-AVC. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait, pendant 4 semaines, trois traitements quotidiens de SEF d’une durée de 1 heure (appliqués à l’épaule), ou à un groupe témoin qui recevait des traitements simulés. Les deux groupes recevaient également les traitements habituels de réadaptation. Après 4 semaines d’intervention, aucune différence significative entre les deux groupes n’a été observée sur la mesure de l’ARAT. Cependant, à 3 mois, le groupe témoin a démontré des performances significativement supérieures que le groupe d’intervention sur la mesure de l’ARAT (sections grasp and gross movement).

Le second ECR de haute qualité (Linn et al., 1999) a examiné l’utilisation de la SEF pour améliorer la fonction de l’épaule (Mesurée par le Pain-free range of passive lateral rotation assessment et le Motor Assessment ScaleMAS) de 40 patients en phase aiguë post-AVC. Les patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait des stimulations quatre fois par jour durant 4 semaines, alors que le groupe témoin ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient l’ergothérapie et la physiothérapie habituelles. Après l’intervention, et à 8 semaines et 3 mois de suivi, il n’y avait aucune différence significative entre les groupes aux mesures du Pain-free range of passive lateral rotation assessment et de la section Upper arm du MAS.

Le premier ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994, Faghri and Rodgers, 1997) a examiné l’utilisation de la SEF pour améliorer la fonction de l’épaule (Mesurée par le Modified Bobath Assessment Chart) de 26 patients en phase aiguë post-AVC. Ces patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait de 1,5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également les traitements de physiothérapie habituels. Aux semaines 4 et 5 durant l’intervention, et à 6 semaines après l’intervention, il y avait une différence significative en faveur du groupe SEF au niveau de la fonction de l’épaule comparé au groupe témoin. Cette différence ne s’est toutefois pas maintenue à 6 semaines de suivi, cependant, elle a retrouvé sa valeur significative à 12 semaines de suivi (Faghri and Rodgers, 1997).

Le second ECR de qualité acceptable (Chantraine et al., 1999) a examiné l’utilisation de la SEF pour améliorer la fonction de l’épaule (amplitude articulaire) de 120 patients en phase aiguë post-AVC. Ces patients ont été assignés aléatoirement à un groupe SEF qui recevait des séances de stimulation appliquée au membre affecté (séances de 130 minutes dans la première semaine en augmentant de 5 minutes chaque semaine pendant 5 semaines), ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient également des thérapies habituelles selon l’approche Bobath. À 6 semaines, 12 et 24 mois après l’intervention, le groupe SEF a démontré une amélioration significative de l’amplitude articulaire de l’épaule comparé au groupe témoin.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) issues de deux ECR de haute qualité indiquant que la SEF combinée aux traitements habituels de réadaptation n’est pas plus efficace que la réadaptation habituelle (seule ou combinée à des stimulations simulées) pour améliorer la fonction de l’épaule de patients en phase aiguë post-AVC.

Note : Cependant, deux ECR de qualité acceptable ont observé une différence significative de la fonction de l’épaule en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin, toutefois cette différence ne s’est pas maintenue au suivi de 6 semaines dans l’un de ces ECR.

Traitement de la subluxation de l’épaule
Efficace
2A

Trois ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994, Chantraine et al., 1999, Wang et al., 2000) ont examiné l’utilisation de la SEF pour réduire la subluxation de l’épaule chez des patients en phase aiguë ou chronique post-AVC.

Le premier ECR de qualité acceptable (Faghri et al., 1994) a assigné aléatoirement 26 patients en phase aiguë post-AVC à un groupe SEF qui recevait de 1,5 à 6 heures de stimulations quotidiennement durant une période de 6 semaines, ou à un groupe témoin qui recevait des stimulations simulées. Les deux groupes recevaient également 6 semaines de traitements de physiothérapie habituels. Après ces traitements, il y avait une différence significative au niveau de la réduction des subluxations (évaluée par radiographie) en faveur du groupe SEF comparé au groupe témoin. Cependant, cette différence ne s’est pas maintenue au suivi de semaines.

Le second ECR de qualité acceptable (Chantraine et al., 1999) a assigné aléatoirement 120 patients en phase aiguë post-AVC avec subluxation (évaluée par radiographie) à un groupe SEF qui recevait des séances de stimulation appliquée au membre affecté (séances de 130 minutes dans la première semaine en augmentant de 5 minutes chaque semaine pendant 5 semaines), ou à un groupe témoin qui ne recevait aucun traitement spécifique. Les deux groupes recevaient également des thérapies habituelles selon l’approche Bobath. À 12 semaines, 12 et 24 mois après l’intervention, le groupe SEF avait significativement réduit les subluxations de l’épaule comparé au groupe témoin.

Le troisième ECR de qualité acceptable (Wang et al., 2000) a assigné aléatoirement 32 patients avec subluxation de l’épaule hémiplégique en phase aiguë et chronique post-AVC à un groupe FES qui recevait des stimulations cinq fois par semaine pendant 6 semaines, suivies de 6 semaines de réadaptation habituelle, suivie d’une période de 6 semaines supplémentaires de stimulations, ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune stimulation. Après les six premières semaines, le groupe SEF avait significativement réduit les subluxations de l’épaule (évaluées par radiographie) comparé au groupe témoin, mais seulement pour ceux qui étaient en phase aiguë de récupération et non pas pour ceux qui étaient en phase chronique. Ces résultats se sont maintenus après la deuxième période de 6 semaines de stimulations.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant de trois ECR de qualité acceptable qui indiquent que les traitements de SEF combinés à la réadaptation habituelle sont plus efficaces que la réadaptation seule pour réduire la subluxation de l’épaule chez des patients en phase aiguë post-AVC.

Références

Chantraine A., Baribeault A., Uebelhart D., & Gremion, G. (1999). Shoulder pain and dysfunction in hemiplegia: effects of functional electrical stimulation. Arch Phys Med Rehabil, 80(3), 328-331.

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