Échelle d’équilibre de Berg (EEB)

Évidence révisées en date du 07-11-2010
Auteur(s)* : Lisa Zeltzer, MSc OT ; Annabel McDermott, OT
Éditeur(s) : Nicol Korner-Bitensky, PhD OT ; Elissa Sitcoff, BA BSc
Version française en traduction libre : Alexandra Matteau

But

L’Échelle d’équilibre de Berg (EEB) évalue quantitativement l’équilibre chez les adultes âgés.

Revue détaillée

But de la mesure

L’Échelle d’équilibre de Berg (EEB) évalue quantitativement l’équilibre chez les adultes âgés.

Versions disponibles

L’EEB a été publiée en 1989 par Berg, Wood-Dauphinee, Williams et Mak.

Caractéristiques de la mesure

Items :

Dans cette échelle de 14 items, les patients doivent maintenir des positions et accomplir des tâches de déplacements de difficultés variées. Dans la plupart des items, les patients doivent maintenir une position donnée pour un temps spécifique.

Cotation :

Les patients reçoivent un score entre 0 et 4 sur leur capacité de répondre à des dimensions de l’équilibre. Un score global peut être calculé sur un total de 56. Un score de 0 représente une incapacité d’accomplir les items et un score de 56 représente la capacité d’accomplir de façon indépendante les items.

  • 0 à 20 sur l’EEB représente une diminution de l’équilibre ;
  • 21 à 40 sur l’EEB représente un équilibre acceptable ;
  • 41 à 56 sur l’EEB représente un bon équilibre.

Sous-échelles :

Aucune typiquement documentée.

Équipements :

Seulement de l’équipement simple et facilement accessible est nécessaire pour compléter l’EEB. Cela inclut une règle, un chronomètre, une chaise et une marche ou un tabouret. De plus, les patients ont besoin d’une pièce suffisamment grande pour se déplacer sur 360 degrés.

Formation :

Aucune formation spécifique n’est nécessaire pour administrer l’EEB. Elle a été estimée hautement fiable lorsqu’elle est administrée par des individus sans formation officielle au sujet de cette échelle.

Cependant, il est important de noter qu’afin d’assurer la sécurité des patients, l’EEB doit seulement être administrée par des individus étant en mesure de prendre en charge de façon sécuritaire les patients ayant subi AVC. L’EEB est une évaluation risquée ; au cours de son administration, le patient peut tomber s’il n’est pas supervisé par quelqu’un possédant de l’expertise au niveau des AVC.

Durée :

L’échelle prend environ 10 à 15 minutes afin d’être complétée. Le patient doit être observé directement afin d’évaluer si la tâche a été accomplie.

Versions alternatives de l’Échelle d’équilibre de Berg

  • Une version courte de l’EEB (EEB – 3P), composée de 7 items, a été développée (Chou, Chien, Hsueh, Sheu, Wang & Hsieh, 2006).
  • L’EEB – 3P s’est révélée similaire à l’EEB originale au niveau des propriétés psychométriques (notamment pour les tests de fidélité, de validité et de sensibilité au changement) auprès de personnes ayant subi un AVC.
  • L’EEB – 3P prend moins de dix minutes afin d’être complété et nécessite seulement une chaise et un objet que le patient peut récupérer au sol. L’EEB – 3P est cotée selon 3 niveaux : incapable d’accomplir la tâche ; accomplit partiellement la tâche ; et capable d’accomplir la tâche. Les 7 items inclut dans l’EEB – 3P sont : avancer le tronc vers l’avant avec les bras tendus, se tenir debout les yeux fermés, se tenir debout avec un pied devant l’autre, se tourner pour regarder derrière, récupérer un objet qui est sur le sol, se tenir debout sur un pied et passer d’une position assise à une position debout.
  • En comparaison avec l’EEB originale, l’EEB – 3P est une mesure simple et rapide à accomplir dans une clinique ou dans un cadre de recherche.

Clientèle cible

Peut être utilisée avec :

Les patients ayant subi un AVC qui comprennent le langage parlé ou écrit et qui effectuent les items avec difficulté.

L’EEB a été initialement conçue comme une mesure quantitative de l’équilibre et du risque de chutes chez les personnes âgées vivant dans la communauté. Il a été démontré qu’il s’agit d’une mesure fiable et valide de l’équilibre chez le client âgé ayant subi un AVC.

Ne devrait pas être utilisée avec :

  • Les patients âgés post-AVC plus actifs.
  • Les patients post-AVC qui sont plus jeunes.

Il peut y avoir un effet plafond avec ces patients dans la mesure où les items peuvent ne pas être suffisamment difficiles pour mesurer les plus hauts niveaux d’équilibre comme ceux nécessités lors de la marche extérieure.

  • Les patients sévèrement atteints, tels que les patients qui ne peuvent pas quitter une position assise. Il peut y avoir un effet plancher avec ces patients puisqu’il n’y a qu’un seul item évaluant l’équilibre en position assise.

Avec ces patients, il est recommandé d’administrer la Postural Assessment Scale for Stroke Patients (PASS) qui a été conçue comme une évaluation de l’équilibre pour les patients ayant subi un AVC et qui est applicable chez tous les patients, même ceux avec les résultats les plus sévères au niveau de la posture (Benaim, Pérennou, Villy, Rousseaux & Pelissier, 1999).

Mao, Hsueh, Tang, Sheu et Hsieh (2002) ont comparé la psychométrie de l’EEB à celle des sous-échelles d’équilibres de la Fugl-Meyer Assessment et de la Postural Assessment Scale for Stroke Patients (PASS) auprès de 123 patients ayant subi un AVC (jusqu’à 180 jours après l’AVC) et ont noté que le FM-B et l’EEB montrent un effet plancher ou plafond significatif quelques jours après l’AVC, alors que le PASS n’a pas montré ces effets.

Dans quelles langues la mesure est-elle disponible ?

  • Traduite et validée en portugais (Miyamoto, Lombardi, Berg, Ramos & Natour, 2004).
  • Traduite et validée en français (Institut de réadaptation de Montréal).
  • Traduite (pas encore validée) en : Islande, Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Corée, Japon, Espagne, Hong Kong et Allemagne.

Sommaire

Que mesure l’outil ? L’équilibre chez les personnes âgées
Avec quelles clientèles l’outil peut-il être utilisé ? L’EEB a été développée afin d’être utilisée avec les personnes âgées vivant dans la communauté. Elle peut aussi être utilisée chez les patients ayant subi un AVC.
Est-ce un outil de dépistage ou d’évaluation ? Évaluation
Temps d’administration Environ 10 à 15 minutes sont nécessaires afin de la compléter par observation directe.
Versions Version courte de l’EEB [Berg Balance Scale BBS (BBS – 3P)]
Langues Traduite et validée en portugais et français. Traduite (pas encore validée) dans les pays suivants : Islande, Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Corée, Japon, Espagne, Hong Kong et Allemagne.
Propriétés psychométriques
Fidélité Cohérence interne :
Une étude a relevé une excellente cohérence interne.

Test-retest :
Une étude a relevé une excellente fidélité test-retest.

Intra-juge :
Une étude a relevé une excellente fidélité intra-juge.

Inter-juges :
Deux études ont relevé une excellente fidélité inter-juges.

Validité Contenu :
Les items ont été sélectionnés d’après des entrevues avec 12 clients en gériatrie et 10 professionnels. La liste des items a été révisée à la suite d’un pré-test de tous les items préliminaires.

Critère :
Concourante :
Excellentes corrélations avec la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment, la Postural Assessment Scale for Stroke Patients, le Functionnal Reach, la Tinetti Balance Scale, le Timed Up and Go test et le Single-Leg Stance ; corrélations allant d’adéquates à excellentes avec la section assisse de la Motor Assessment Scale et le Rivermead Mobility Index (malgré de faibles corrélations avec le test de transfert de poids et les tests des marches) ; corrélations adéquates avec la sous-échelle de mobilité de l’indice de Barthel, les mesures dynamiques du Balance Master et la mesure du balancement postural.

Prédictive :
Prédit le risque de chutes pendant les 12 prochains mois, modérément prédictif de la durée du séjour dans l’unité de réadaptation, prédit les capacités motrices 180 jours après l’AVC ; n’est pas un indicateur significatif de la moyenne des pas par jour.

Construit :
Convergente/Discriminante :
Excellentes corrélations avec l’Indice de Barthel, la sous-échelle d’équilibre de la Fugl-Meyer Assessment ; corrélations allant d’adéquates à excellentes avec la Mesure de l’indépendance fonctionnelle.

Groupes connus :
Une étude a noté que l’EEB est capable de distinguer les patients selon leur niveau de marche fonctionnelle.

Effets plancher/plafond Des effets de plancher et de plafond significatifs ont été détectés dans l’EEB
Sensibilité/ spécificité Aucune étude n’a documenté la sensibilité/spécificité de l’EEB auprès de patients ayant subi un AVC.
Est-ce que l’outil est sensible aux changements

Une étude a relevé une sensibilité générale au changement avec l’EEB et deux études ont relevé une grande sensibilité au changement. Deux études ont indiqué une sensibilité au changement modérée de 6 semaines à 3 mois après l’AVC, mais une faible sensibilité après ces temps. Une étude a relevé qu’un changement minimum absolu de 6 points au score de l’EEB représente un véritable changement.

Acceptabilité Cette échelle d’observation directe n’est pas appropriée pour les patients sévèrement affectés, car elle évalue seulement un item concernant l’équilibre en position assise. Les individus actifs vont le trouver trop simple. L’échelle n’est pas appropriée pour l’administration par un proche aidant.
Faisabilité L’EEB ne requiert pas de formation spécialisée afin d’être administré. Toutefois, l’EEB peut seulement être administrée par des individus étant en mesure de prendre en charge de façon sécuritaire les patients ayant subi un AVC, car l’EEB est une évaluation risquée ; au cours de l’évaluation le patient peut tomber s’il n’est pas supervisé par quelqu’un possédant de l’expertise au niveau des AVC. Relativement peu d’équipement ou d’espace sont nécessaires.
Comment obtenir l’outil ? Cliquer ici pour obtenir une copie de l’EEB.

Propriétés psychométriques

Résumé

Berg, Wood-Dauphinee, Williams et Maki (1992) et Berg, Wood-Dauphinee et Williams (1995) ont examiné la validité et la fidélité de l’EEB. Suite à ces études psychométriques, les recherches actuelles sur l’EEB ont porté principalement sur la comparaison des propriétés psychométriques de l’échelle avec d’autres mesures de l’équilibre (ex. Mao, Hsueh, Tang, Sheu & Hsieh, 2002) et sur les tests de propriétés psychométriques de la version courte de l’EEB, EEB– 3P (Chou et al., 2006).

Effets plancher / plafond

Dans une étude de Mao et al. (2002), trois échelles d’équilibre fréquemment utilisées (l’EEB, la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment et la Postural Assessment Scale for Stroke Patients) ont été comparées. Un effet significatif de plancher a été détecté sur l’EEB et sur la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer, 14 jours après l’AVC. Une explication possible de cet effet est que l’item le moins exigeant de ces deux tests évalue l’indépendance pour s’assoir. Comme les patients atteints de déficiences sévères peuvent être incapables de faire les autres activités – par exemple, rester debout sur un pied, monter sur un tabouret, etc. – même s’ils s’améliorent, le résultat démontre un effet de plancher (le score ne montre pas de changement pour les personnes ayant une déficience grave). Ainsi, chez les personnes souffrant de déficiences sévères, il est possible d’envisager l’utilisation d’une autre échelle, telle que la Postural Assessment Scale for Stroke Patients, applicable à tous les patients ayant subi un AVC. L’EEB a également démontré un effet plafond significatif se situant à 90 et 180 jours après l’AVC, avec les patients ayant un fonctionnement de plus haut niveau, suggérant que l’échelle peut ne pas être en mesure de discriminer la fonction d’équilibre après 90 jours, moment à partir duquel les gens réintègrent habituellement leurs loisirs et leurs activités communautaires.

Fidélité

Cohérence interne :
Berg et al. (1995) ont effectué une étude pour évaluer la cohérence interne de l’EEB auprès de résidents âgés en soins longue durée et de patients ayant subi un AVC. L’EEB a été administrée aux résidents âgés (n=113), lors de l’admission aux soins de longue durée et à 3, 6 et 9 mois, et aux patients ayant subi un AVC (n=70), à 2, 4, 6 et 12 semaines suivant l’AVC. À chaque évaluation, les alphas de Cronbach se sont avérés supérieurs à 0,83 et 0,97, respectivement pour les résidents âgés et les patients ayant subi un AVC, démontrant que l’EEB a une excellente cohérence interne.

Inter-juges et intra-juge :
Berg et al. (1995) ont également évalué la fidélité inter-juges. Les thérapeutes ont administré l’EEB à 35 patients ayant subi un AVC, dans les 24 heures suivant une évaluation indépendante. De plus, il a été demandé aux proches aidants de tester les résidents âgés dans la semaine suivant l’évaluation indépendante. Pour évaluer la fidélité intra-juges, le même évaluateur a évalué 18 résidents et 6 patients ayant subi un AVC, à une semaine d’intervalle. Un accord entre les évaluateurs a été observé (CCI = 0,98), et le même évaluateur a été cohérent aux deux temps de mesure (CCI = 0,97).

Stevenson (2001) a examiné la fidélité inter-juges de l’EEB auprès de 48 patients ayant subi un AVC, évalués par deux évaluateurs différents lors de l’évaluation initiale (T1), et lors d’une deuxième évaluation (T2) dans un délai de 24 heures. La concordance entre les données T1 et T2 s’est avérée excellente (CCI = 0,92).

Intra-juge :
Flansbjer, Blom & Brogardh (2012) ont mené une étude de reproductibilité test-retest intra-juge dans laquelle 50 patients en phase chronique de récupération d’un AVC ont été évalués avec l’EEB à 2 reprises, à 7 jours d’intervalle, par le même évaluateur. La fidélité test-retest s’est avérée excellente (CCI = 0,88). La moyenne des différences des scores du test, mesurée par la technique de Bland et Altman, s’est avérée élevée et positive (d = 0,72), indiquant un effet d’apprentissage.

Note : Lors d’une analyse de Bland et Altman, une différence des moyennes près de zéro indique un plus grand accord entre les mesures.

Validité

Contenu :

Les items ont été sélectionnés d’après des entrevues auprès de 12 clients en gériatrie et 10 professionnels. La liste des items a été révisée à la suite d’un pré-test de tous les items préliminaires.

Construit :

Convergente/Discriminante :
Soixante-dix clients en phase aiguë de récupération d’un AVC ont été évalués avec l’EEB, l’indice de Barthel et la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment, à 4, 6 et 12 semaines suivant l’AVC. Les corrélations entre l’EEB et l’indice de Barthel étaient excellentes (variant de r = 0,80 à r = 0,94), et les corrélations entre l’EEB et la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment variaient d’adéquates à excellentes (de r = 0,62 à r = 0,94 – Berg et al., 1992).

Les scores sur l’EEB ont également corrélés avec la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF), r = 0,57 à 0,70, (Juneja, Czyrny & Linn, 1998) et r = 0,76 (Wee, Bagg & Palepu, 1999).

Groupes connues :
Stevenson (2001) a examiné la validité des groupes connus de l’EEB auprès de 48 patients en phase aiguë de récupération d’un AVC, en utilisant la méthode de Dunn. Les patients ont été regroupés selon les scores sur la Functional Ambulation Category (FAC) : ASSIST (Score de la FAC ≤ 2, requiert de l’assistance physique, n = 16), SBA (Score de la FAC = 3, requiert de l’assistance d’appoint, n = 17) ou INDEP (Score de la FAC ≥ 4, se déplace de façon indépendante, n = 15). Une différence significative a été notée entre les groupes INDEP et ASSIST (Q = 4,47, p<0.05), et entre les groupes INDEP et SBA (Q = 3,07, p<0.05), mais pas entre les groupes SBA et ASSIST.

Critère :

Concourante :
Flansbjer, Blom & Brogardh (2012) ont relevé d’excellentes relations entre l’EEB et la Single-Leg Stance (SLS) auprès de 50 patients en phase chronique de récupération d’un AVC (r = 0,65 – 0,79, p<0.001), en utilisant les coefficients de corrélation spécifique de Pearson.

Liston et Brouwer (1996) ont démontré que les scores sur l’EEB sont liés aux mesures dynamiques du Balance Master (r ≥ 0,48) chez 20 patients hémiparétiques.

Mao et al. (2002) ont relevé d’excellentes relations entre les scores sur l’EEB et la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment (r = 0,90 à 0,92) et la Postural Assessment Scale for Stroke Patients (r = 0,92 à 0,95), lors de 4 périodes d’évaluations (14, 30, 90 et 180 jours après l’AVC).

Tyson et DeSouza (2004) ont testé les validités concourantes de la section assise de la Motor Assessment Scale, de l’EEB et du Rivermead Mobility Index, en utilisant le rho de Spearman, et ont noté que les scores sur l’EEB sont corrélés avec les tests comparatifs appropriés (r = 0,32 à 0,74), à l’exception du test du transfert de poids et des tests de Step-up, qui n’ont pas formé de relations significatives avec l’EEB (respectivement, r = 0,26 et 0,19).

Smith, Hembree et Thompson (2004) ont noté que l’EEB est corrélée avec le Functional Reach (r = 0,78). Lorsque les relations entre les deux mesures pour des patients avec des déficiences motrices similaires ont été examinées (selon les quatre catégories de sévérité de l’AVC de la section motrice de la Fugl-Meyer Assessment, telles que suggérées par Duncan et al. – 1992), les corrélations différaient selon la sévérité de l’AVC des patients, avec la plus basse corrélation pour ceux ayant une déficience motrice modérément sévère (un score de 36-55 sur la Fugl-Meyer Assessment ; r = 0,24) et la plus haute corrélation pour ceux ayant une déficience motrice modérée (un score de 56-79 sur la FMA ; r = 0,80).

Trente et une personnes âgées ont été évaluées avec l’EEB, aux mesures de laboratoire du balancement postural (postural sway) et aux mesures cliniques d’équilibre et de mobilité incluant la Tinetti Balance Subscale, la sous-échelle Mobilité de l’indice de Barthel et le Time Up and Go Test. Le balancement postural a corrélé adéquatement avec l’EEB (r = -0,55) et les corrélations au niveau des mesures cliniques ont varié de faible (r = -0,46) à excellente (r = -0,67) et sont en corrélation négative (de faibles scores au balancement postural et aux mesures cliniques indiquent un fonctionnement normal, tandis qu’un score élevé sur l’EEB indique un fonctionnement normal, résultant donc en une corrélation négative). La corrélation avec la Tinetti Balance Subscale était excellente (r = 0,91), et l’EEB a corrélé adéquatement avec la sous-échelle Mobilité de lindice de Barthel (r = 0,67). La corrélation avec le Time Up and Go Test était excellente et négative (r = -0,76), ce qui signifie qu’un faible score sur le Time Up and Go Test (un faible score suggère un fonctionnement normal) correspond à un haut score à l’EEB (un score élevé indique que l’équilibre est intact – Berg et al. 1992).

Dans la même étude, des corrélations entre les scores sur l’EEB et les évaluations de 113 résidents d’un domicile pour personnes âgées, ainsi que celle du personnel soignant, ont varié de faibles à adéquates (personnes âgées : r = 0,39 à r = 0,41 ; personnels soignants : r = 0,47 à r = 0,61 – Berg et al., 1992).

Prédictive :
Cent treize personnes âgées ont été suivies durant 12 mois et classifiées selon qu’ils ont chuté à 0, 1 ou > 2 reprises durant cette période. Le risque relatif de chutes au cours des 12 prochains mois était 2,7 fois plus probable chez les patients qui ont obtenu un score de < 45 sur l’EEB (Berg et al., 1992).

L’administration de l’EEB lors de l’admission était adéquatement prédictive de la durée du séjour dans l’unité de réadaptation (r = -0,39). Cette corrélation négative suggère qu’un score élevé sur l’EEB conduit à une plus courte durée de séjour (Juneja et al., 1998).

Dans Mao et al. (2002), la validité prédictive de l’EEB a été évaluée en comparant les résultats sur l’EEB à 14, 30 et 90 jours après l’AVC avec ceux de la Motor Assessment Scale (MAS) à 180 jours après l’AVC, en utilisant le coefficient de corrélation de Spearman. Les scores sur l’EEB aux 3 premiers jours post-AVC étaient hautement corrélés avec les scores de la MAS lors des évaluations au 180e jour après l’AVC (r > 0.8), ce qui indique une excellente validité prédictive.

Fulk, Reynolds, Mondal & Deutsch (2010) ont examiné la validité prédictive du 6MWT et d’autres mesures cliniques fréquemment utilisées (la FMA MI, le Self-selected gait-speed, la SIS et l’EEB) auprès de 19 patients ayant subi un AVC. L’EEB ne s’est pas avérée comme un indicateur significatif de la moyenne de pas par jour (r = 0,54 ; P = 0,016). Bien que le Self-selected gait-speed et les mesures de l’équilibre soient liés à l’activité de marche, seulement le 6MWT s’est révélé un indicateur du déplacement dans la communauté chez les patients ayant subi un AVC.

Sensibilité au changement

Flansbjer, Blom & Brogardh (2012) ont examiné la sensibilité au changement de l’EEB auprès de 50 patients en phase chronique de récupération d’un AVC qui ont été évalués à deux reprises dans un intervalle de 7 jours. L’erreur type (SEM), c’est-à-dire le plus petit changement qui indique une amélioration véritable pour un groupe d’individus, était de 3%. La plus petite différence pour une seule personne était de 8%.

Stevenson (2001) a examiné la sensibilité au changement de l’EEB auprès de 48 patients en phase aiguë de récupération d’un AVC évalués par différents évaluateurs à 3 intervalles – évaluation initiale (T1), deuxième évaluation dans un délai de 24 heures (T2), et troisième évaluation après une ou deux semaines d’intervention (T3). Les patients ont été catégorisés dans l’un de trois groupes selon les scores sur la Functionnal Ambulation Category (FAC) : ASSIST (Score au FAC ≤ 2, requiert de l’assistance physique) ; SBA (Score au FAC = 3, requiert de l’assistance d’appoint) ; et INDEP (Score au FAC ≥ 4, se déplace de façon indépendante). Tous les groupes ont démontré des augmentations statistiquement significatives au niveau de la performance sur l’EEB entre le T1 et le T3 (selon le Test des rangs signés de Wilcoxon, W = 77.4 – 106, pp≤0.002), mais pas entre le T1 et le T2. Le Changement minimal détectable (Minimal Detectable Change – MDC) entre le T1 et le T2 était de 5,8 (90 % Cl), ce qui indique qu’un changement minimum absolu de score de 6 points représente un changement dans la performance d’un patient sur l’EEB lorsqu’évalué par deux évaluateurs différents dans un délai de 24 heures (tous les patients ± 6 ; groupe INDEP ± 6 ; groupe SBA ± 5 ; groupe ASSIST± 7).

Mao et al. (2002) ont évalué la sensibilité au changement de l’EEB, de la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment et de la Postural Assessment Scale for Stroke Patients, en calculant l’ampleur de l’effet (AE – en divisant les scores de changement moyens par l’écart type du score de changement les mêmes sujets). L’AE a démontré que l’EEB était modérément réactif dans la détection des changements avant 90 jours après un AVC. Les AE de l’EEB se sont avérées les plus grandes dans l’intervalle compris entre le 14e et le 30e jours (0,80) et diminuaient lorsque celle-ci se déplaçait dans le temps après l’AVC (30 à 90 jours après l’AVC, AE = 0,69). L’AE de l’EEB était considéré comme faible 90 à 100 jours après l’AVC (AE = 0,40). Les changements sur l’EEB se sont avérés significatifs à chaque étape.

Pour déterminer si la sensibilité au changement des mesures a varié selon les déficits initiaux induits par l’AVC, les patients ont été classés dans l’un des 3 groupes suivants en fonction de leurs scores sur la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment : 0 à 35, sévère ; 36 à 79, modéré ; et 80, léger. La sensibilité au changement de l’EEB à différentes étapes pour les patients avec différents niveaux de sévérité de l’AVC (ES = 0,21), suggère que l’EEB est généralement sensible au changement au cours du temps après l’AVC. Toutefois, l’EEB s’est révélée moins sensible que la sous-échelle Équilibre de la Fugl-Meyer Assessment et la Postural Assessment Scale for Stroke Patients pour les patients présentant un AVC sévère de 14 à 30 jours après l’AVC. La raison de cette conclusion pourrait être que l’EEB n’a pas été initialement conçue pour les patients ayant subi un AVC, et seulement un item de l’échelle évalue les capacités d’équilibre dans la position assise. Puisque l’équilibre assis est l’une des premières postures à être restituée après un AVC, il semble que l’EEB manque d’items pour détecter le changement chez les patients qui sont incapables de se tenir debout de façon indépendante.

Wood-Dauphinee, Berg, Bravo et Williams (1997) ont relevé une ampleur de l’effet de 0,66 pour une période initiale d’évaluation de 6 semaines après l’AVC, de 0,25 entre la 6e et la 12e semaine après l’AVC, et une ampleur de l’effet globale de 0,97.

Salbach et al. (2001) ont utilisé la Réponse moyenne standardisée (RMS = changement moyen / écart type du changement) pour estimer la sensibilité au changement du Test de marche sur 5 mètres, du Test de marche sur de 10 mètres, de l’EEB, de l’Indice de Barthel, de la Stroke Rehabilitation Assessment of Movement et du Timed Up and Go auprès de 50 patients avec des déficits résiduels au niveau de la démarche après un premier AVC. La RMS entre le 8e et le 38e jour après l’AVC pour l’EEB était de 1,04. L’EEB a été classée comme la seconde mesure la plus sensible (le Test de marche sur 5 mètres étant la mesure la plus sensible) et a été recommandée pour être utilisée auprès des patients qui ont subi un AVC sévère.

English, Hillier, Stiller et Warden-Flood (2006) ont étudié la sensibilité du Gait speed, de l’EEB et de la Motor Assessment Scale auprès de 78 patients recevant des services d’une Unité de réadaptation à la suite d’un premier ou d’un second AVC, pour détecter le changement à travers le temps. Les patients ont été évalués dans un délai d’une semaine suite à leur admission et dans un délai d’une semaine suite au congé. L’EEB s’est avérée sensible au changement (seulement deux patients n’ont pas démontré de changement), avec une grande ampleur de l’effet (d = 1,01).

Références

  • Benaim, C., Pérennou, D. A., Villy, J., Rousseaux, M., Pelissier J. Y. (1999). Validation of a Standardized Assessment of Postural Control in Stroke Patients: The Postural Assessment Scale for Stroke Patients (PASS). Stroke, 30, 1862-1868.
  • Berg, K.O., Wood-Dauphinee, S., Williams, J. L., Maki, B. (1989). Measuring balance in the elderly: Validation of an instrument. Physiotherapy Canada, 41(6), 304-311.
  • Berg, K., Wood-Dauphinee, S. L., Williams, J. I., Maki, B. E. (1992). Measuring balance in the elderly: Validation of an instrument. Canadian Journal of Public Health, 83(S2), S7-S11.
  • Berg, K., Wood-Dauphinee, S. L., Williams, J. I. (1995). The Balance Scale: reliability assessment with elderly residents and patients with an acute stroke. Sc and J Rehabil Med, 27(1), 27-36.
  • Chou, C. Y., Chien, C. W., Hsueh, I. P., Sheu, C. F., Wang, C. H., Hsieh, C. L. (2006). Developing a Short Form of the Berg Balance Scale for People With Stroke. Physical Therapy, 86(2), 195-204.
  • Juneja, J., Czyrny, J. J., Linn, R. T. (1998). Admission balance and outcomes of patients admitted for acute inpatient rehabilitation. Am J Phys Med Rehabil, 77, 388-393.
  • Liston, R., Brouwer, B. J. (1996). Reliability and validity of measures obtained from stroke patients using the balance master. Arch Phys Med Rehabil, 77, 425-430.
  • English, C. K., Hillier, S. L., Stiller, K., Warden-Flood, A. (2006). The sensitivity of three commonly used outcome measures to detect change amongst patients receiving inpatient rehabilitation following stroke. Clin Rehabil, 20(1), 52-55.
  • Fulk, G. D., Reynolds, C., Mondal, S., & Deutsch, J. E. (2010). Predicting home and community walking activity in people with stroke. Arch Phys Med Rehabil, 91, 1582-1586.
  • Flansbjer, U-B., Blom, J., & Brogardh, C. (2012). The reproducibility of Berg Balance Scale and the Single-Leg Stance in chronic stroke and the relationship between the two tests. Physical Medicine & Rehabilitation, 4(3), 165-170.
  • Mao, H. F., Hsueh, I. P., Tang, P. F., Sheu, C. F., Hsieh, C. L. (2002). Analysis and comparison of the psychometric properties of three balance measures for stroke patients. Stroke, 33, 1022.
  • Miyamoto, S. T., Lombardi, I. J., Berg, K. O., Ramos, L. R., Natour, J. (2004). Brazilian version of the Berg balance scale. Braz J Med Biol Res, 37(9), 1411-1421.
  • Salbach, N. M., Mayo, N. E., Higgins, J., Ahmed, S., Finch, L. E., Richards, C. L. (2001). Responsiveness and predictability of gait speed and other disability measures in acute stroke. Arch Phys Med Rehabil, 82, 1204-1212.
  • Scherfer, E., Bohls, C., Freiberger, E., Heise, K. F., Hogan, D. (2006). Berg-Balance-Scale – German Version – Translation of a standardized instrument for the assessment of balance and risk of falling. Physioscience, 2, 59-66.
  • Smith, P. S., Hembree, J. A., Thompson, M. E. (2004). Berg Balance Scale and Functional Reach: Determining the best clinical tool for individuals post acute stroke. Clin Rehabil, 18, 811-818.
  • Stevenson, T.J. (2001). Detecting change in patients with stroke using the Berg Balance Scale. Australian Journal of Physiotherapy, 47, 29-38.
  • Tyson, S. F., De Souza, L. H. (2004). Reliability and validity of functional balance tests post stroke. Clin Rehabil, 18, 916-923.
  • Wee, J. Y. M., Bagg, S. D., Palepu, A. (1999). The Berg Balance Scale as a predictor of length of stay and discharge in an acute stroke rehabilitation setting. Arch Phys Med Rehabil, 80, 448-452.
  • Wood-Dauphinee, S., Berg, K. O., Bravo, G., Williams, J. L. (1997). The Balance Scale: responsiveness to clinically meaningful changes. Can J Rehab, 10, 35-50.

Voir la mesure

Cliquer ici pour trouver une copie intégrale de l’Échelle d’équilibre de Berg.

En cliquant ici, vous pouvez accéder à une vidéo indiquant la façon d’administrer l’évaluation.

Table des matières
Aidez-nous à nous améliorer